Paysages

RADE DE TOULON - OUEST VAR

À l’est de la baie de la Ciotat, le littoral varois s’étire jusqu’à Six-Fours-les-Plages et l’archipel des Embiez en une succession de baies et de plages de sable encadrées de petites pointes et caps calcaires. Après la Ciotat, la baie se referme avec la belle séquence naturelle et agricole de Saint-Cyr-sur-Mer. Puis se succèdent des stations balnéaires très fréquentées, aux qualités urbaines contrastées qui ont investi à partir de Bandol des reliefs peu élevés. Alors, s’avançant loin vers le sud et dans la mer, s’élève le corps massif de la presqu’île du Cap Sicié, marquant de sa silhouette [...] Lire plus

À l’est de la baie de la Ciotat, le littoral varois s’étire jusqu’à Six-Fours-les-Plages et l’archipel des Embiez en une succession de baies et de plages de sable encadrées de petites pointes et caps calcaires. Après la Ciotat, la baie se referme avec la belle séquence naturelle et agricole de Saint-Cyr-sur-Mer. Puis se succèdent des stations balnéaires très fréquentées, aux qualités urbaines contrastées qui ont investi à partir de Bandol des reliefs peu élevés. Alors, s’avançant loin vers le sud et dans la mer, s’élève le corps massif de la presqu’île du Cap Sicié, marquant de sa silhouette le passage dans l’univers militaire, portuaire, industriel et chargé d’histoire de la rade de Toulon et de la Seyne. Couronné au nord par de hautes collines, le vaste dégagement de la « Grande Rade » compose un des sites naturels les plus originaux de la côte varoise. Depuis les années 1960, ce site exceptionnel a été pourtant urbanisé massivement et sans soin par de grands ensembles, un étalement périurbain et un mitage pavillonnaire important, des infrastructures de transports et des zones commerciales dégradantes. La qualité des ambiances et des paysages a particulièrement souffert de la destruction de vastes surfaces d’espaces naturels et agricoles qui n’ont pas résisté à la pression foncière. Ceux qui subsistent font a fortiori l’objet de toute l’attention du Conservatoire du littoral et des collectivités territoriales en charge de leur protection et de leur gestion.

Regards d'artistes

Edouard Pignon, Bandol, 1956
Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Georges Meguerditchian(C) ADAGP, Paris
 « Par des sentiers montants, tortueux, pierrailleux et sonores, au flanc du Baou, ils parvinrent en peu de temps sur les plateaux où, entre les roches d’un gris bleu, pousse une végétation sèche, kermès, romarins, cistes et thyms, dévorés de soleil. De cette hauteur, dont ils suivaient la crête en se dirigeant vers le nord-ouest, ils dominaient un paysage incomparable et changeant. Ce fut d’abord, dans le sud, à leurs pieds, le port de Toulon, l’arsenal avec les cales de Vauban ; les grands navires à l’ancre, voiles carguées et lourdement festonnantes ; les bateaux de pêche sous le triangle [...] Lire plus

 « Par des sentiers montants, tortueux, pierrailleux et sonores, au flanc du Baou, ils parvinrent en peu de temps sur les plateaux où, entre les roches d’un gris bleu, pousse une végétation sèche, kermès, romarins, cistes et thyms, dévorés de soleil. De cette hauteur, dont ils suivaient la crête en se dirigeant vers le nord-ouest, ils dominaient un paysage incomparable et changeant. Ce fut d’abord, dans le sud, à leurs pieds, le port de Toulon, l’arsenal avec les cales de Vauban ; les grands navires à l’ancre, voiles carguées et lourdement festonnantes ; les bateaux de pêche sous le triangle de la voile latine ; l’immense cadre de la rade fermé au sud par l’isthme des Sablettes, et la presqu’île de Saint-Mandrier que termine le cap Cépet, la pointe la plus méridionale de la France ; au sud-ouest, la colline de Six-Fours, postée en sentinelle dans la plaine ; au sud, Notre-Dame-du-Mai ; les rochers égaux des Deux Frères, debout dans la mer ; et, sur tout cela, une « escandilhado », c’est-à-dire, un resplendissement de soleil que la mer renvoyait au ciel par milliards de facettes mobiles.

Jean Aicard, Ce fameux chevalier Gaspard de Besso, Flammarion, 1919

Evolution de l'urbanisation

autour de l’agglomération toulonnaise
1965 1965
2014 2014

Entre 1965 et 2014, la métropole toulonnaise a grandi en investissant la quasi-totalité des espaces agricoles et naturels à l’arrière du littoral. De Bandol à Toulon s’est formée une vaste conurbation. Dans ce continuum n’ont été conservées que les grandes coupures naturelles du Cap Sicié (site classé) et de l’extrémité de la presqu’île de Saint-Mandrier (en grande partie propriété du ministère de la Défense). Ailleurs, les sites acquis ou protégés par le Conservatoire du littoral ont permis de préserver définitivement quelques espaces et paysages de grande qualité, comme la calanque de Port d’Alon et le domaine viticole de Nartette à Saint-Cyr-sur-Mer, l’archipel des Embiez au nord-ouest du Cap Sicié et les domaines  agricoles  à l’est du Cap Sicié et sur la presqu’île de Saint-Mandrier.

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Carte des paysages

  • Picto Pano paysage

    • Un grand paysage chargé d’histoire, essentiellement urbain, très marqué par l’agglomération toulonnaise

    • Un univers naturel puis balnéaire l’ouest, la grande rade industrielle et militaire de Toulon à l’est

    • Des espaces naturels, agricoles et viticoles (AOP Bandol) résiduels

  • Picto Pano menace

    • Un patrimoine bâti militaire de grande valeur

    • Des espaces naturels et agricoles, reliques de grande qualité

  • Picto Pano protection

    • 7 espaces naturels protégés par le Conservatoire du littoral, 6 sites littoraux classés au titre de la loi de 1930

Séquences paysages