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Surface : 32,5 hectares
Période d'acquisition : 1998 - 2001
Nombre d'actes d'acquisition signés : 2
Commune : Port-Vendres (66)
Nom du gestionnaire : Conseil Général des Pyrénées Orientales
Sur la côte Vermeille, entre le Cap Béar et le Cap Oullestrell, l'anse de Paulilles est une vaste crique adossée aux contrefort des Albères...
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NATURE & PAYSAGES
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Entre Pyrénées et Méditerranée, l’Anse de Paulilles rayonne sur la Côte Vermeille. Située sur la commune de Port Vendres entre le Cap Béar et le Cap de l'Abeille, l'Anse de Paulilles renferme trois plages, séparées par des promontoires rocheux, dont l’une d’elle est fermée à l'arrière par un mur construit par les Allemands en 1943 pour limiter les possibilités de débarquement allié. Dans cet univers, ce paysage rocheux au couleur rouge est dominé par les vignes en terrasse. Le domaine de Paulilles contraste de par sa végétation luxuriante de laquelle émerge une cheminée de brique. Même si elle s'apparente aux phares côtiers et aux tours signal, cette cheminée de 35 mètres de haut témoigne de l’histoire ouvrière et sociale de ce site classé. En effet Paulilles est avant tout une ancienne usine d'explosifs créée en 1870 et qui fonctionna jusqu’en 1984.
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RICHESSES NATURELLES
La flore
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Le caractère luxuriant de la végétation de Paulilles est renforcé par la présence d'espèces exotiques introduites sur l'ensemble du site et plus particulièrement dans le jardin du Directeur : le Magnolia et le Cyprés de l'Arizona (Amérique du Nord), le Bougainvillier (Amérique du sud), le Troène de Chine et le Lilas des Indes (Asie)... Cette diversité attrayante ne doit pas faire oublier que certaines de ces espèces introduites, peuvent devenir envahissantes. Ainsi, l'Herbe de la Pampa ou la Griffe de sorcière sont deux espèces introduites qui ont largement colonisé le littoral languedocien en se substituant à la végétation locale.
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HISTOIRE ET PRATIQUES
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Le site naturel de Paulilles ne peut être dissocié de l'usine NOBEL implantée sur l'ensemble du domaine. L'usine NOBEL PRB (Poudreries Réunies de Belgique) commence à produire de la nitroglycérine et des produits manufacturés en caoutchouc (pneus, tuyaux..) sur le site de Paulilles en 1870. Plus de 200 employés travaillent et sont logés sur le site, dans les corps de bâtiment situés entre la route et la voie ferrée. Le domaine vit en quasi autarcie avec son église, son école, sa coopérative et son potager. Dans les années 1900, l'usine livre 550 tonnes de dynamite destinées à la France et à ses colonies. En 1975, cette production avoisine 4000 tonnes. Le transport s'effectue en partie par bateaux depuis l'Anse ou des embarcadères sont installés. Les explosifs sont entreposés dans des ateliers enterrés qui sont reliés par des tunnels. Après avoir développé une activité de plaquage de métaux dans les années 1970, la dynamiterie ferme définitivement ses portes en 1984.
Extrait « Histoire du Roussillon » Histoire : la dynamiterie Nobel « Le site de Paulilles n'a jamais vraiment été habité avant le XIXe siècle. Nul doute pourtant que des pécheurs ont occupé le lieu, mais aucun village ne s'y est vraiment développé. Pourtant tout change en 1870. Cette année là une usine de dynamite appartenant à Nobel PRB (Poudrerie réunis de Belgique) s'installe sur les hauteurs de la baie. Ce site est intéressant dans la mesure où il est relativement éloigné de l'Allemagne, avec qui la France livre une guerre. C'est Léon Gambetta lui-même qui posa la première pierre le 3 décembre 1870. Cinq ans plus tard, devant le succès commercial, les responsables du site ouvrirent une extension vers le littoral. Un nouvel agrandissement eu lieu en 1879. L'effectif se porta alors à 100 personnes. La production de dynamite servira entre autre au creusement du canal de Panama. Évidemment la fabrication d'explosifs n'est pas une activité anodine. Ainsi deux accidents mortels se produisirent à Paulilles. Le premier, 25 juillet 1877. Cet accident provoqua la mort de trois personnes, deux ouvriers et un contremaître. A cette époque, c'est 39 ouvriers et 46 ouvrières qui y travaillaient quotidiennement. Le second eu lieu le 25 juin 1882, à 23 heures. Une nouvelle explosion fit 19 morts, dont 7 personnes originaires de Banyuls sur mer. »
(crédit photo : E. PRACA)
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LA GESTION
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Les 32,5 hectares du domaine de Paulilles n'ont été acquis par le Conservatoire qu'en 1998. La protection de cette anse a commencé avec son classement au titre de la Loi de 1930, par le décret en Conseil d'Etat du 26 juin 1979. Avant même la fermeture de l'usine, les pressions immobilières avaient alerté les acteurs locaux sur le risque de voir ce site s'urbaniser. Lorsque la Société Civile Immobilière Mery achète Paulilles en 1988, c'est avec l'idée d'y construire plusieurs villages touristiques. Le site étant désormais classé, les projets de construction présentés par la SCI à la Commission des sites sont refusés. Le Conservatoire s'imposera progressivement comme le seul acheteur potentiel du site. Dès l'acquisition, le Conservatoire en partenariat avec le Conseil général des Pyrénées Orientales a procédé à des aménagements afin de sécuriser le site, notamment en réduisant les risques incendies par le débroussaillage, en démolissant certains bâtiments qui constituaient une menace pour le public, en interdisant l'accès en véhicule et en informant le public que la restauration du site était en cours. Dans un deuxième temps, le Conservatoire a lancé une série d'études afin de définir l'avenir de Paulilles. Un étude " enjeux et contraintes " va permettre de définir les atouts écologiques et paysagers du site ainsi que les risques pyrotechniques, incendies et inondation. Une autre étude a pour objet de retracé la mémoire industrielle du site qui ne pourra être effacé de l'avenir de Paulilles. Puis des appels à candidature pour définir un projet sont lancés. C’est finalement le projet « Avenir d’une mémoire » porté par l’équipe pluridisciplinaire ALEP/INCA, associant paysagistes, architectes, botanistes, économistes…, qui est retenu. Le concept d’aménagement est doux, respectueux de l’histoire du site et résolument tourné vers la protection et la découverte de l’environnement. Il s’appuie sur une participation des anciens ouvriers et des associations locales de sauvegarde de l’histoire de Paulilles La réhabilitation de 17 ha sur les 32,5 du site aura duré 17 mois. Le projet est porté par le Conseil Général devenu gestionnaire du site en 2007. D’un montant total de 12 millions d’euros, le projet a bénéficié du soutient de l’Europe, de l’Etat, de la Région Languedoc-Roussillon. Dix ans après l’acquisition, en juin 2008, le site et sa plage transformés s’ouvrent au public.
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