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Le programme de recherche 2002-2007 du Conservatoire du littoral et de la Fondation d'entreprise Procter & Gamble pour la protection du littoral

La Fondation d'entreprise Procter & Gamble pour la protection du littoral, renouvelée en 2002 pour une période de cinq ans, a choisi, avec le Conservatoire du littoral, d'orienter les actions des prochaines années autour du thème :

"Comment protéger durablement le littoral contre les risques exogènes ?"

Dans ce cadre, un programme de recherche a été défini autour de trois sujets sensibles :

  • Les impacts du nettoyage des plages sur les écosystèmes côtiers
  • Les impacts du changement climatique pour l'intervention du Conservatoire du littoral
  • Evaluation et impacts de la fréquentation des sites du Conservatoire du littoral

Les études sur ces sujets, toujours en cours, ont donné lieu dès 2003 à des premiers résultats. Cette même année, suite aux grands incendies estivaux, un nouveau sujet d'étude a été abordé :

  • Vivre avec le feu en forêt méditerranéenne

Chaque sujet est décliné en plusieurs phases d'étude et donne lieu à une valorisation sous forme d'Ateliers ou d'actions d'information. Les travaux sont dirigés par un Comité de pilotage composé, selon les projets, de chercheurs, d'universitaires ou d'experts, sous la coordination du Conseil scientifique du Conservatoire.

LES IMPACTS DU NETTOYAGE DES PLAGES SUR LES ECOSYSTEMES COTIERS

Des bons et des mauvais déchets...

Les sites du Conservatoire du littoral n'échappent pas à l'afflux de déchets apportés par la mer, le vent, les effluents des rivières ou l'homme. Dans cet ensemble hétérogène que l'on qualifie de "laisse de mer", on distingue les "macro-déchets" issus de l'activité humaine (objets en plastique, en métal, en verre...) des débris naturels (morceaux de bois, algues, coquillages, cadavres animaux...). Cette distinction de nature correspond à un intérêt environnemental opposé : s'il est évident que les macro-déchets, inesthétiques, très lentement biodégradables et potentiellement dangereux doivent être évacués, il est clairement établi que les débris naturels contribuent à l'équilibre naturel des plages. En effet ceux-ci

  • Ont un rôle écologique :
    • Ils sont à la base d'une chaîne alimentaire au sommet de laquelle se trouvent poissons et oiseaux
    • Ils servent d'habitat et de lieu de ponte aux invertébrés et aux oiseaux
    • Leur décomposition par les détritivores et les bactéries libère de la matière organique et des sels minéraux qui favorisent le développement de la flore des dunes
  • Et un rôle géomorphologique :
    • Direct : laissé en l'état, ils sont un rempart contre l'érosion et piègent le sable
    • Indirect : la flore qui se développe grâce aux éléments ntritifs favorise la formation des dunes embryonnaires et stabilise la dune en retenant le sable

Les débris naturels issus des laisses de haute mer sont ceux qui restent le plus longtemps sur les plages et ont donc un intérêt primordial.

 Laisser en l'état les débris naturels permet d'avoir une plage stable et vivante !

Ainsi, pour respecter l'équilibre biologique et sédimentaire de la dune, un tri sélectif des déchets doit avoir lieu lors du nettoyage des plages : les macro-déchets doivent être collectés tandis que les débris naturels de la laisse de mer sont laissés en l'état.

Des bonnes et des mauvaises pratiques...

Il existe quatre principales techniques de nettoyage des plages :

  • Le nettoyage manuel
  • Le nettoyage mécanique, à l'aide de cribleuses, tamiseuses et ratisseuses
  • Le nettoyage mixte, qui combine dans le temps et dans l'espace nettoyage manuel et mécanique
  • Le nettoyage des plans d'eau, au moyen de bateaux ou scooters équipés (peu fréquent).

Le nettoyage est donc la plupart du temps mécanique et/ou manuel. Mais le nettoyage mécanique comporte deux inconvénients majeurs :

  • Direct : les cribleuses et tamiseuses, si elles sont mal utilisées (vitesse excessive, passage sur du sable muoillé, passage au pied de la dune), prélèvent des quantités importantes de sable, ce qui modifie à long terme l'équilibre sédimentaire de la dune
  • Indirect :cette technique est non sélective ; les débris organiques, notamment ceux des laisses de haute mer sont prélevés et leur effet bénéfique sur "l'écosystème plage" est annulé.

Objectifs de l'étude

Afin d'offrir aux estivants des "plages propres", qui correspondent à l'image d'une nature accueillante et idéale, les opérations de nettoyage sont de plus en plus effectuées de façon systématique, avec des moyens mécaniques, souvent au détriment de la richesse biologique de ces milieux. La collecte des macro-déchets, notamment, concerne des espaces littoraux sensibles, comme l'estran où les enjeux environnementaux et écologiques nécessitent une attention particulière.

L'importance de ce sujet pour le Conservatoire du littoral s'est accrue avec la possibilité que lui offre la loi du 27 février 2002 d'intervenir sur le Domaine Public maritime.

A la lumière de ces principes fondamentaux, le Conservattoire du littoral et la Fondation d'entreprise Procter & Gamble pour la protection du littoral ont pour objectif d'approfondir les connaissances et la réflexion sur le nettoyage des plages. Il s'agit :

  • D'initier la réflexion en établissant un état des lieux des pratiques de nettoyage des plages françaises
  • De la développer par une approche disciplinaire
    • scientifique et technique : approfondir les connaissances sur l'écosystème plage, les impacts du nettoyage mécanique et les solutions alternatives
    • sociologique : mieux connaître les attentes du public en matière de "propreté" des plages
    • économique : confronter les intérêts touristiques et environnementaux et évaluer le coût du nettoyage
  • De la pérenniser en mettant en place un suivi
    • des pressions qui s'exercent sur le littoral en matière de pollution
    • de l'état des plages
    • de la gestion de la pollution
  • De la diffuser
    • en formulant des recommandations de nettoyage à l'attention des gestionnaires
    • en informant et en sensibilisant le public pour restaurer l'image des plages naturelles
  • Enfin de la partager en confrontant cette expérience à celle d'autres pays européens et méditerranéens

Comité de pilotage

Présidé par Jacques Denis (IFREMER, La Seryne-sur-Mer), membre du Conseil scientifique du Conservatoire du littoral, il comprend les personnes suivantes :

  • Arnaud GUENA, le Cedre
  • Loïc KERAMBRUN, Le Cedre
  • Florence PONCET, Le Cedre
  • Jacques LEROUX, Procter & Gamble
  • Erwan SAOUTER, Procter & Gamble
  • Hélène MICHAUD, Rivages de France
  • François PITRON, Rivages de France
  • Catherine GARRETA, Conservatoire du littoral
  • Marine MUSSON, Conservatoire du littoral
  • Fabrice BERNARD, Conservatoire du littoral
  • Denis BREDIN, Conservatoire du littoral
  • Stéphane RENARD, Conservatoire du littoral
  • Violaine CHENAT, Conservatoire du littoral

 

 

 

 


LES IMPACTS DU CHANGEMENT CLIMATIQUE POUR L’INTERVENTION DU CONSERVATOIRE DU LITTORAL

Les effets du changement climatique pourraient dépasser largement la submersion des parties les plus basses du littoral, puisque les variations du niveau marin affectent également le bilan sédimentaire des côtes. Suite à l'accélération prévue de l'élévation du niveau des mers, les effets attendus sont "une extension des submersions temporaires et permanentes, une exacerbation des érosions sur les rivages et une accentuation de la salinisation des eaux souterraines et des sols" (Paskoff, 2000). L'aspect des côtes devrait être sensiblement modifié.

Les terrains du Conservatoire du littoral sont directement concernés par ces prévisions. Dès lors, il semble important que le Conservatoire du littoral antivipe les effets du changement climatique sur son patrimoine comme sur ses modes d'intervention. C'est pourquoi il est envisagé, avec le Fondation d'entreprise Procter & Gamble pour la protection du littoral, de réaliser une étude à l'échelle des côtes françaises sur le recul du trait de côte et ses répercussions sur la stratégie et les aménagements des terrains du Conservatoire du littoral. Cette thématique s'inscrit pleinement dans celle, plus générale, du développement durable, et offre la possibilité de combiner réflexion à long terme et actions ciblées.

Objectifs de l'étude

Un devoir de connaissance

Organisme public de l'Etat, le Conservatoire du littoral a pour mission de protéger les rivages par une politique foncière. Dès lors, il doit se montrer très attentif à une éventuelle évolution, voire une dégradation de son patrimoine actuel et futur. Suite au renforcement de la politique d'acquisition de l'établissement (objectif globalde 200 000 hectares acquis en 2050 en métropole), la réévaluation de la stratégie du Conservatoire du littoral devra prendre en compte l'impact prévisible à moyen et long terme du réchauffement climatique.

Dans ce cadre, le Conservatoire du littoral a choisi de mener une étude d'impact d'envergure nationale. Les éléments de stratégie foncière du Conservatoire du littoral doivent être croisés avec des données nationales afin d'inscrire les perspectives d'évolution de l'établissement dans les grands scénarios de modélisation du changement climatique.

Une stratégie souple

Le Conservatoire du littoral est préoccupé en outre par le niveau de sécurité de plus en plus élevé exigé par la population, qui a parfois perdu l'habitude de s'adapter aux phénomènes naturels. Il lui semble dons important d'adopter, face aux forces de la nature, un principe d'action fondé sur une défense souple plutôt que rigide, contre la mer et les aléas climatiques. C'est un large débat apaisé et une approche raisonnée que le Conservatoire du littoral souhaite mener, loin du catastrophisme ambiant.

L'étude est conduite en plusieurs volets : 

  • Tout d'abord, un volet qualitatif s'est attaché à l'étude de 10 "sites pilotes" relevant du domaine du Conservatoire du littoral, considérés comme des sites sensibles, aux problématiques spécifiques.
  • Puis de façon plus globale, une étude quantitative a été menée à l'échelle nationale, proposant une valorisation cartographique des résultats obtenus à partir des prévisions climatiques à l'horizon 2100.
  • Une valoriasation de l'étude par un Atelier, organisé au printemps 2005 au Palais de la découverte, sera l'occasion de présenter les résultats de ces études et d'engager la discussion avec les gestionnaires des sites et les partenaires du Conservatoire du littoral
  • Enfin dans une démarche prospective, les enseignements de cette journée d'échange seront intégrés à des éléments de réflexion sur les aspects socio-économiques et géographiques.

Comité de pilotage

Coprésidé par les Professeurs Roland paskoff (Université Lumière de Lyon) et Fernand Verger (Ecole Normale Supérieure), membres du Conseil scientifique du Conservatoire du littoral, il comprend les presonnes suivantes :

  • Maurice MULLER, Ministère de l'Ecologie et du Développement durable, GICC
  • Marc GILLET, Observatoire national des effets du réchauffement climatique
  • Jacques LEROUX, Procter & Gamble
  • Hélène MICHAUD, Rivages de France
  • François PITRON, Rivages de France
  • Catherine GARRETA, Conservatoire du littoral
  • Etienne DUBAILLE, Conservatoire du littoral
  • Violaine CHENAT, Conservatoire du littoral
  • Jean-Claude BONNAFE, Conservatoire du littoral
  • Jean-Philippe LACOSTE, Conservatoire du littoral

Résultats des premiers travaux

Etudes qualitatives de sites pilotes

Elles ont été réalisées par des universitaires sur les sites suivants :

Sites potentiellement soumis à l'érosion :

Marais de Graye et Ver-sur-mer, Calvados : GRESARC

La Valleuse d'Antifer, Seine-maritime : S. Costa

Etangs de Vic et Pierre-Blanche, Hérault : P. Durand, H. Heurtefeux

La Palissade, Bouches-du-Rhône : M. Provensal, J. Fleury, Y. Ellie, D. Hermitte, P. Dussoullier, F. Sabatier

Mucchiatana, Haute-Corse : S. Gaillot

Sites potentiellement soumis à la submersion :

Le Hâble d'Ault, Somme : F. Dolique

Baie des Veys, Manche : I. Rauss

Le Polder-Roscouré, Finistère : B. Hallégouët

L'Ile Nouvelle, Gironde : J.-P. Deroin

Domaine de Graveyron, Gironde : L. Goeldner-Gianella, B. Anselme, F. Bertrand, P. Durand

Les Actes

http://www.conservatoire-du-littoral.fr/tmp/Actes%20Atelier%20Chaud%20&%20Froid.pdf 


EVALUATION ET IMPACTS DE LA FREQUENTATION DES SITES DU CONSERVATOIRE DU LITTORAL

L'ouverture des sites au public est pour le Conservatoire du littoral une priorité, qu'il doit néanmoins concilier avec sa mission première de protection des rivages naturels. Pour ce faire, le Conservatoire du littoral doit disposer d'une évaluation précise de la fréquentation de ses sites. La question de l'ouverture a déjà fait l'objet d'études : "Les Français et la protection du littoral" en 1994 et l'atelier "Attention Public ! Public protecteur ou public prédateur" en 1996.

Depuis la loi du 27 février 2002, l'ouverture au public des sites est mentionnée dans les dispositions législatives de l'établissement :

"Le domaine relevant du Conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres est du domaine public à l'exception des terrains acquis non classés dans le domaine propre. Dans la limite de la vocation et de la fragilité de chaque espace, ce domaine est ouvert au public." [Code de l'environnement, Article L 322-9]

La question de la fréquentation des espaces littoraux est donc d'actualité pour le Conservatoire, et appelle un nouvel approfondissement. Le partenariat avec la Fondation d'entreprise Procter & Gamble pour la protection du littoral offre au Conservatoire du littoral la possibilité de réaliser une étude d'envergure nationale pour mieux appréhender la problématique de l'ouverture des sites au public. Elle est menée avec l'association Rivages de France, qui regroupe les gestionnaires des sites du Conservatoire du littoral.

Objectifs de l'étude

La connaissance du public fréquentant les sites du Conservatoire du littoral étant jusqu'alors très hétérogène, il a été nécessaire d'engager :

  • En premier lieu une estimation quantitative de la fréquentation
  • Une poursuite de l'étude en deux volets :
    • mise enplace d'un protocole d'observation et de suivi de la fréquentation
    • étude des impacts de la fréquentation sur le milieu et sur les visiteurs eux-mêmes
  • A la lumière de ces résultats, le Conservatoire du littoral doit définir avec les gestionnaires les grandes orientations stratégiques de la gestion à déployer selon les sites, leur vulnérabilité et leur type de fréquentation.

Le Comité de pilotage de l'étude, composé notamment de membres du Conseil scientifique du Conservatoire du littoral et d'experts sur les problématiques de fréquentation, souhaite mettre à profit les connaissances des gardes du littoral et leur position privilégiée d'observateurs pour conduire cette étude.

Comité de pilotage

Présidé par Bernard Kalaora, sociologue et membre du Conseil scientifique du Conservatoire du littoral, il comprend les personnes suivantes :

  • Jean-Marie PETIT, ATEN
  • Louis BRIGAND, Université de Bretagne Occidentale
  • Jean-Claude LEFEUVRE, Muséum national d'Histoire naturelle - Président du Conseil scientifique du Conservatoire du littoral
  • Odile Marcel, philosophe - membre du Conseil scientifique du Conservatoire du littoral
  • Marcel JOLLIVET, CNRS - membre du Conseil scientifique du Conservatoire du littoral
  • Alain MIOSSEC, Université de Nantes
  • Jacques LEROUX, Procter & Gamble
  • Hélène MICHAUD, Rivages de France
  • François PITRON, Rivages de France
  • Catherine GARRETA, Conservatoire du littoral
  • Anne KONITZ, Conservatoire du littoral
  • Philippe BRAIVE, Conservatoire du littoral
  • Jean-Claude BONNAFE, Conservatoire du littoral
  • Guillemette ROLLAND, Conservatoire du littoral
  • Violaine CHENAT, Conservatoire du littoral

Résultats des premiers travaux

Un prestataire (Charlotte Michel, Ingénieur conseil) a été retenu pour mener la première phase de ce projet : proposer une estimation du nombre de visiteurs sur les terrains métropolitains du Conservatoire du littoral à partir des données fournies par les gardes. Le travail a été eé"alisé au cours de l'année 2003 et finalisé en mai 2004.

Les principaux résultats de l'étude :

  • La fréquentation annuelle sur 146 sites du Conservatoire du littoral répertoriés dans l'étude a été évaluée à 28,4 millions de visites. Cette fréquentation a lieu à 50% l'été et l'attrait des visiteurs se résume majoritairement aux activités estivales de plage (30% des visites sur l'année).
  • Ces résultats ont été obtenus avec une bonne fiabilité par une technique innovante d'intelligence artificielle à partir des informations fournies par les gardes du littoral :
    • les données ont été réunies par l'envoi aux gardes d'un questionnaire pour lequel le taux de retour est d'environ 45%.
    • à partir des réponses obtenues, un traitement informatique a permis de trouver des systèmes de règles simples et pertinents qui décrivent le taux de fréquentation sur une année, valable pour tous les sites. C'est à partir de ces règles générales que l'estimation de la fréquentation annuelle a été calculée pour chaque site puis pour l'ensemble des sites.
  • L'intelligence artificielle, construite par "logique floue", n'avait jamais été utilisée auparavant pour répondre à ce type d'objectif. Cette étude en constituait donc la première expérimentation ; si la technique s'est révélée tout à fait adaptée aux besoins du Conservatoire du littoral (nombreux sites éparpillés et très variés), son utilisation devra être étudiée pour chaque situation nouvelle et ses limites clairement exposées.
  • Les entretiens ouverts avec les gardes ont permis d'identifier les problèmes majeurs posés par la fréquentation ; le principal est le piétinement qui touche environ deux tiers des sites étudiés. En fin de rapport sont proposées des perspectives de gestion sur la base des réponses et des attentes des gardes.

VIVRE AVEC LE FEU EN FORET MEDITERRANEENNE

Le Conservatoire du littoral est aujourd'hui propriétaire de plus de 30 000 hectares sur le littoral de la Méditerranée, dont plus de 80% est constitué de forêt, garrigue et maquis. Du fait des conditions climatiques de l'été (sécheresses, vent), ces espaces sont soumis, de façon plus ou moins régulière, à la pression des incendies de végétation. Dès le début des années 1990, le Conservatoire a lancé avec l'aide de son Conseil scientifique une réflexion approfondie sur le thème des feux de forêt, qui a permis de produire une étude intitulée : "Forêt méditerranéenne : vivre avec le feu ?".

A la suite de l'été 2003, qui a connu plusieurs grands incendies de forêt sur le littoral méditerranéen, le Conservatoire s'est trouvé confronté de nouveau à une question-clé : "Comment concevoir la gestion conservatoire des espaces naturels soumis au feu ?". Il a décidé de réexaminer et de mettre à jour ses pratiques de gestion des espaces naturels soumis aux incendies.

Objectifs de l'étude

Nombre de constats et de propositions formulés dans l'étude de 1992 sont aujourd'hui largement partagés par les gestionnaires ; acceptation du feu comme composante du cycle écologique forestier méditerranéen, reconstitution écologique du couvert végétal par fascinage, inutilité des opérations de replantation...

Mais les représentations sociales des incendies évoluent difficilement. Les techniques préventives de brûlage dirigé ont par exemple convaincu certains gestionnaires mais pas la population. L'évolution de la réglementation conforte par ailleurs l'idée de vivre hors du feu, comme l'illustrent les débroussaillages et déboisements intensifs pratiqués dans certaines régions.

Conseillé par Jean-Paul Hétier, ingénieur conseil à BRL Ingénierie et expert de ces questions, le Conservatoire du littoral a proposé d'organiser la réflexion en confrontant, à l'occasion d'une Table ronde internationale, l'expérience d'experts étrangers, venant de régions à climat méditerranéen exposées au même risque de feux de forêt (Californie, Australie, Afrique du sud, Espagne et Portugal), à des experts français spécialistes de ces questions.

Comité de pilotage

  • Jean-Claude LEFEUVRE, Muséum national d'Histoire naturelle
  • Jacques LEROUX, Procter & Gamble
  • Jean-Paul HETIER, BRL Ingénierie
  • Catherine GARRETA, Conservatoire du littoral
  • Violaine CHEANT, Conservatoire du littoral

Résultats des premiers travaux

Après un travail préparatoire de documentation et de synthèse réalisé par jean-paul Hétier, la Table rnde s'est tenue au Domaine du Rayol (site du Conservatiore du littoral) dans le Var les 14 et 15 octobre 2004 et fut suivie, le 16 octobre, d'une restitution publique

  • Synthèse des avis des experts :
    • Il faut anticiper les grands feux sauvages, hiérarchiser les actions de prévention et les actions à mener après le feu.
    • Les grands feux de 2003 ont montré que l'on ne peut pas lutter contre le vent. Les stratégies doivent donc prendre en compte les limites des événements extrêmes.
    • Dans nos paysages, le lieu d'action stratégique est l'interface avec le milieu urbain. Tant que le vent ne se calme pas, c'est là où l'intervention est la plus efficace.
    • Les incendies doivent être considérés comme un problème déaménagement du territoire. Il faut donc intégrer les sapeurs pompiers dans les décisions d'aménagement et faire entendre leur voix dans les décisions de partage de compétences.
  • Conclusion du Conservatiore du littoral :
    • Les objectifs de gestion des sites du Conservatoire du littoral intègrent les enjeux écologiques, la valeur culturelle des sites et l'ouverture au public, dans des proportions variables selon les sites. Le Conservatoire du littoral prend en compte les représentations sociales, ce qui ne signifie pas qu'il s'aligne dessus : il écoute, puis défend des valeurs d'avenir.
    • Le Conservatoire du littoral bénéficie, par son statut de propriétaire, de moyens et d'une certaine souplesse ; il a le devoir de promouvoir des méthodes de référence.  Il convient donc de tester sur de petites surfaces ce que d'autres peuvent ensuite appliquer sur de grands espaces.

La Table ronde s'est conclue sur ces quelques mots :

"On ne commande la nature qu'en lui obéissant ; sinon, ça devient vite très coûteux..."

Suite de l'étude

Les discussions et débats de la Table ronde nourriront un document écrit. Un tel ouvrage offrira à la fois une présentation actualisée des connaissances et des expériences noucelles en matière de gestion de la végétation méditerranéenne et des feux de forêt, mais aussi des pistes de réflexion et de propostitions à l'attention des gestionnaires d'espaces naturels méditerranéens.


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