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Surface : 158 hectares
Période d'acquisition : 1992
Nombre d'actes d'acquisition signés : 1
Commune : Marseille (13)
Nom du gestionnaire : Espaces Naturels de Provence
Vallons, pics, falaises calcaires et anses étroites creusées par la méditerranée offrent un paysage unique aux portes de Marseille.
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NATURE & PAYSAGES
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L'archipel de Riou, situé au Sud de la rade de Marseille, au large du massif des Calanques, se compose de 4 grandes îles principales et de nombreux îlots. Depuis juillet 1992, l'archipel de Riou est propriété du Conservatoire de l'Espace Littoral et des Rivages Lacustres qui en a confié la gestion à l'association Conservatoire-Etudes des Ecosystèmes de Provence. Situé sur le territoire communal de la ville de Marseille, il fait partie du Site Classé des Calanques. Sa superficie totale est de 157,6 ha. Ces îles, trop souvent décrites comme "d'énormes pierres blanches grillées par le soleil et creusées par l'air marin ", constituent pourtant un véritable sanctuaire pour de nombreuses espèces tant animales que végétales. Les îles sont essentiellement constituées de calcaire datant de l'ère tertiaire et sont isolées du continent depuis plus de 8000 ans. L'action des éléments y a sculpté des paysages minéraux et grandioses. Les versants Nord montrent des pentes couvertes d'une garrigue éparse qui alterne avec les éboulis, la roche nue et une végétation littorale beaucoup plus rase constituée de plantes halophiles. Les versants Sud donnent le spectacle d'un monde complètement minéral découpé par de vertigineuses falaises qui plongent brutalement dans la mer.
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RICHESSES NATURELLES
La flore
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La diversité floristique est surprenante et d'une valeur exceptionnelle. Le microclimat qui règne sur l'archipel de Riou (sécheresse, vents violents et fréquents, embruns) a permis le développement d'une flore adaptée à ces conditions extrêmes. Plusieurs de ces végétaux ont en France une répartition très localisée, leur aire de distribution se limitant à quelques points du littoral méditerranéen. Ils forment sur l'archipel de Riou des groupements spécifiques endémiques du littoral calcaire méditerranéen. A ce jour, plus de 320 espèces végétales ont été recensées dont 18 sont protégées par la loi. La plupart sont des espèces endémiques du bassin méditerranéen occidental, rares ou rarissimes pour la flore de France mais bien représentées ou abondantes sur les îles. Ces plantes caractéristiques des milieux littoraux calcaires ou sableux de méditerranée trouvent sur les îles des zones refuges où leurs populations ont pu se maintenir et se développer, à l'abri du piétinement lié à la forte pression touristique qu'elles subissent sur la côte provençale.
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La faune
Le patrimoine faunistique est pauvre en diversité mais riche d'espèces prestigieuses. L'avifaune nicheuse compte 15 espèces, parmi lesquelles le Goéland leucophée est l'oiseau le plus commun. L'archipel de Riou est un site de première importance pour la reproduction des oiseaux marins, puisqu'il est le seul site français où nichent ensemble les 3 espèces de procellariformes de Méditerranée. Les îles abritent en effet près de 30 % de la population française de Puffin cendré et plus de 14 % de la population française de Puffin de Méditerranée. C'est également l'unique site de France continentale où se reproduit la sous espèce méditerranéenne d'Océanite tempête. Ces oiseaux pélagiques de la famille des albatros passent la majeure partie de leur vie en mer et ne reviennent à terre que pour assumer les impératifs de la reproduction. L'archipel abrite aussi depuis peu la nidification du Cormoran huppé de Méditerranée. A cette avifaune marine s'ajoutent des espèces caractéristiques des milieux rocheux et des falaises comme le faucon pèlerin, le merle bleu et le martinet pâle. Le reptile le plus caractéristique des îles est le Phyllodactyle d'Europe, petit gecko endémique de cette partie de la Méditerranée. Enfin, les 3 espèces de mammifères présentes sur les îles y ont été introduites par l'homme : il s'agit du rat noir, du lapin de garenne et de la chèvre domestique.
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De nombreux oiseaux vivent dans les rochers.
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HISTOIRE ET PRATIQUES
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Des découvertes du XIXème et des fouilles plus récentes attestent de la présence de l'homme dès le néolithique (il y a 7000 ans). Par la suite, l'histoire des îles est intimement liée à celle de la cité phocéenne. Dès le XIVème siècle, une vigie (partiellement détruite aujourd'hui) est installée au sommet de Riou. Pendant près de 4 siècles, les gardiens qui y étaient affectés ont eu pour mission d'alerter les postes de guet du sommet de Marseilleveyre et du mont de la Garde de l'approche de flottes ennemies. C'est également à cette époque que les chevriers débarquent avec leurs troupeaux sur les îles dont les herbages étaient affermés aux enchères par la ville de Marseille. Cette pression de pâturage influencera fortement pendant plusieurs siècles l'évolution des associations végétales de l'archipel. En 1794, l'archipel devient propriété de l'état. Des restes de fours à chaux révèlent qu'à cette époque la maigre garrigue des îles fut utilisée comme combustible. Durant la moitié du XIXème siècle, le sable fut exploité sur Riou. Un toboggan construit en pierres sèches permettait de déverser le sable directement dans les tartanes qui l'acheminaient vers la ville où il était utilisé pour la pavage des rues. Cette longue histoire des activités humaines, associées aux paramètres géologiques, climatiques, et à l'environnement marin a abouti à l'aspect actuel de l'archipel de Riou et à la grande palette d'associations végétales que l'on trouve aujourd'hui.
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LA GESTION
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Depuis 1994, la gestion de l'archipel de Riou a été confiée au Conservatoire-Etudes des Ecosystèmes de Provence (C.E.E.P.), association régionale de protection de la nature. L'objectif principal de la gestion du site est la conservation de la diversité et de la spécificité biologique. L'accueil du public s'y fait dans des limites compatibles avec cet objectif de conservation. Le suivi scientifique mis en place vise à connaître l'évolution des richesses naturelles (suivi du succès de reproduction des Puffins, protection et dynamisation des colonies, cartographie informatisée des espèces végétales protégées, & ). Plusieurs menaces pèsent sur ce patrimoine : la surabondance des populations de goéland leucophée, qui entraîne un déséquilibre écologique du site, la présence de populations introduites de rats noirs et de lapin de garenne (impact sur la végétation et sur la reproduction des oiseaux marins), ainsi que la fréquentation du site par les plaisanciers. Des mesures de gestion sont prises pour tenter de limiter l'impact de ces différents facteurs (dératisation ponctuelle, sensibilisation des usagers du site, & ). Enfin, d'ici le début 2002, la totalité du milieu terrestre de l'archipel devrait être classé en Réserve Naturelle, permettant de pérenniser la gestion et la protection des richesses naturelles qu'il abrite.
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