BAIE D'AUDIERNE

Grande ouverte sur l’Atlantique, la baie d’Audierne s’arque de la pointe du Raz à la pointe de Penmarc’h sur plus d’une quarantaine de kilomètres de rivages exposés aux rigueurs de l’océan. Fécond lieu de rencontre entre domaine océanique et basses terres, elle présente dans sa partie sud, au Pays Bigouden, un territoire ras et dépouillé où s’interpénètrent estrans sableux, cordons de galets, dunes, palues, prairies, lagunes et marais. Bien que protégées depuis des temps immémoriaux par l’Ero Vili, colossal rempart de galets issus d’anciens platiers rocheux, et par de hautes dunes, les côtes bigoudènes furent maintes fois redessinées au fil du temps. Durant l’automne et l’hiver, de saisissantes tempêtes s’y abattent avec force. Au plus fort du déchaînement des eaux marines, des brèches s’ouvrent aux exutoires des lagunes qui parsèment le littoral. Lors des fortes précipitations, étangs et marais débordent et inondent la plaine dunaire qui se transforme alors en de gigantesques zones humides. Aux saisons clémentes, les sols des palues s’assèchent et se couvrent d’une riche végétation. Sur ces grandes étendues enherbées, moutons, vaches et chevaux paissent à loisir. De nombreux habitats jalonnent le site et accueillent une faune sauvage remarquable. Dans ce pays où les éléments ont façonné un lénifiant paysage primaire, les hommes se sont installés dès l’aube de l’humanité. Enfouies sous les sables ou révélées au grand jour, leurs traces indiquent une occupation qui remonte à plus de 450 000 ans. Sur la pointe de la Torche, unique promontoire rocheux de ce bout de littoral, un dolmen surplombe l’ensemble de la baie. Énigmatique témoin de la période mégalithique, il semble construit pour l’éternité.

La flore

Au Pays Bigouden, paysages de dunes et de marais s’entremêlent pour donner naissance à une riche palette végétale qui se décline des côtes vers l‘intérieur des terres. Au nord de la frange côtière, de Trunvel à Plovan, l’Ero Vili, en français la chaussée de galets, accueille la végétation vivace des cordons de galets. Choux marins et percepierres y insinuent de longues racines qui jouent un important rôle fixateur. Bien adaptés à l’enfouissement ou au déchaussement, les chiendents des sables portent, le long de leurs tiges dressées, des bourgeons dormants qui, recouverts de sable, s’activent pour s’enraciner sur la dune embryonnaire. Ainsi, quelles que soient les variations des niveaux, ils sont capables de résister. Au sommet des dunes, de Tronoën à la pointe de la Torche, de vigoureuses touffes d’oyats piègent les sables apportés par le vent. La plaine dunaire, riche en calcaire, accueille une flore sensible à la douceur du climat du sud de la baie. Oeillets maritimes, gaillets et linaires des sables trouvent ici en été la chaleur et la sécheresse nécessaires à leur implantation. Dans les zones humides de l’arrière littoral, les plantes se sont adaptées à des degrés divers de salinité. Les bas marais du Loc’h ar Stang, régulièrement inondés durant l’hiver, accueillent trèfles fraisiers, germandrées à odeur d’ail et potentilles des oies qui forment, grâce à leur port rampant, de véritables tapis végétaux. À mesure que les dépressions se creusent et que la quantité d’eau augmente, apparaissent grandes laîches et scirpes maritimes. Choins, joncs marins et molinies indiquent la transition avec les terres moins humides. Les étangs de Kergalan et Trunvel, naguère plus saumâtres, se sont adoucis progressivement au fil du temps. Ils abritent maintenant sur leurs rives de denses roselières.

La faune

Répartie sur l’immensité des espaces, une remarquable avifaune trouve gîte et couvert dans les nombreux habitats de la baie. Point de rencontre de multiples espèces, la baie d’Audierne accueille chaque année près de 10 000 couples d’oiseaux nicheurs, de 10 000 à 15 000 hivernants et plus de 100 000 migrateurs. Sur l‘estran sableux bondé de vers, de mollusques et de crustacés, les goélands bruns, argentés et marins se rassemblent à marée basse. Sans cesse en quête de nourriture, de petits échassiers vaquent en tous sens. Face à la mer puis de dos, les bécasseaux Sanderling interprètent, au rythme du flux et du reflux des vagues, une amusante chorégraphie nourricière. Les gravelots à collier interrompu se reproduisent dans les milieux ouverts de la plaine dunaire où, au printemps, ils atteignent des effectifs qui se situent parmi les plus élevés de Bretagne. Les marais abritent, sous le couvert épais de leurs roselières, toute une cohorte de passereaux, d’échassiers, d’anatidés et de rapaces. La mésange à moustache, dont seul le mâle arbore un motif en forme de bacchante, niche très bas dans les roseaux parmi lesquels elle se déplace d’un vol acrobatique. Hôtes remarquables de ces milieux, hérons cendrés, pourprés ou bihoreau, butor étoilé et blongios nains forment une singulière famille aux apparences contrastées. Au-dessus des terres rases, les busards des roseaux planent de leur vol silencieux. Grâce à leurs yeux placés très en avant de la tête, ils détectent aisément rongeurs et petits oiseaux. Les guêpiers d’Europe atteignent ici leur limite de répartition méridionale. Depuis quelques années, attirés par la tranquillité des lieux et par la ressource en hyménoptères, de nombreux couples nichent dans les microfalaises sableuses. D’innombrables espèces d’insectes et de batraciens peuplent mares, étangs et cours d’eau. La loutre d’Europe, très fugitive, fréque

Belle et sauvage, la baie d’Audierne suscite l’engouement d’un public des plus variés. Acquis sur près de 650 hectares par le Conservatoire du Littoral depuis 1982 et co-géré par le Syndicat Intercommunal à Vocation Unique et ses communes de Penmarc’h, Plomeur, Saint Jean Trolimon et Tréguennec, la Communauté de Communes du Haut Pays Bigouden et ses communes de Plonéour Lanvern, Plovan et Tréogat, le site fait désormais l’objet d’une gestion concertée. Ainsi les aires de stationnement sont progressivement reculées en retrait des côtes. Sur les secteurs dunaires chahutés par la mer ou piétinés par les promeneurs, un ensemble d’équipements de protection des dunes a été mis en place. Ganivelles, filets et fascines de roseaux sont ici déployés en fonction du type d’érosion subi. Une agriculture respectueuse de l’environnement a été encouragée via la signature de conventions agricoles. À cette fin, équins, bovins et caprins ont été répartis dans différents secteurs qu’ils pâturent selon leurs préférences alimentaires. Pour protéger l’abeille noire, faciliter la pollinisation des fleurs et produire un miel de qualité, un apiculteur entretient un parc de ruches. L’estran de la baie d’Audierne recèle une quantité importante de laisses de mer. Hélas, parmi ce riche mélange de matières organiques, se trouve une quantité importante de déchets. Pour pallier ce fléau, des actions de sensibilisation et de collecte ont été engagées dans le cadre d’un partenariat européen. Afin de répondre à l’évolution constante du système hydraulique de la baie et de gérer au mieux les flux d’eaux douces et salées, un ensemble d’études et d’actions est initié. Très fréquenté, notamment dans le secteur de la pointe de la Torche, le site demeure très fragile. Respecter les cheminements et les prescriptions participe efficacement à sa protection.

La baie d’Audierne recèle une très ancienne histoire où hommes et nature se mêlent étroitement depuis près de 450 000 ans. De cette époque, ont survécu des témoignages magistraux telle la grotte effondrée de Menez Dregan où ont été retrouvés, dans le plus ancien foyer du site, dent de mammouth, ossements et amas de galets. Au cours de cette longue période, le niveau des mers fut très fluctuant. Ainsi, il y a 18 000 ans, au plus fort de la dernière glaciation, la ligne de rivage se situait bien en retrait de nos côtes, à un niveau proche de l’horizon marin actuel. De nombreuses populations s’établiront ici tour à tour. À la pointe de la Torche, en breton Beg an Dorchenn, amas coquillier datant du mésolithique, dolmen érigé au néolithique et vestiges d’habitat retranché de l’Âge du bronze se succéderont. Çà et là, sur la côte ou à l’intérieur des terres, menhirs et stèles gauloises se dressent vers le ciel. En maints endroits de Bretagne, mégalithes et sanctuaires chrétiens se côtoient encore. Une pierre phallique ronde borde la jolie petite chapelle de Saint Vio. Au nord de la chapelle de Tronoën, un sanctuaire gaulois puis un temple gallo-romain ont été bâtis sur la même emprise. Sous les sables calcaires des dunes, se cache une multitude d’autres témoignages, à l’exemple de ces anciens sillons de culture et de ces fours à sel utilisés à l’Âge du fer. Tout un patrimoine constitué de chaumières, de fontaines, de moulins, de fours à pain et de fours à goémons jalonne le pays. Il évoque le quotidien de familles de marins paysans dont l’activité oscillait entre les cultures maraîchères et la pêche en mer. Durant la seconde guerre mondiale, une usine à galets impressionnante sera construite en retrait de la côte. Elle servira à approvisionner en matériaux le mur de l’Atlantique.

Site de la Région Bretagne :  www.bretagne-environnement.org

 

Maison de la Baie d’Audierne

Siège technique, St Vio

29 720 Tréguennec

Tél. / Fax : 02 98 87 65 07

 

Mairie de Penmarc’h

BPB 110 rue Edmond Michelet

29 760 Penmarc’h

Tél. 02 98 58 60 19

sivubaiedaudierne@wanadoo.fr

 

Communauté de Communes du Haut Pays Bigouden

8 rue de la Mairie

29710 Pouldreuzic

Tél. 02 98 54 49 04

cchpb@wanadoo.fr

Carte d'identité du site

Commune(s) : PENMARCH (29) , PLOMEUR (29) , PLONEOUR-LANVERN (29) , PLOVAN (29) , SAINT-JEAN-TROLIMON (29) , TREGUENNEC (29) , TREOGAT (29)

Surface protégée : 641.71 hectares

Protégé depuis : 1982

Nombre d'actes d'acquisition signés : 242

Balade Monument Ouvert au public

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