MARAIS VERNIER

Le marais Vernier peut se diviser en 3 secteurs : le marais alluvionnaire au nord, ayant une vocation plus agricole, le marais tourbeux très prisé pour la chasse et les Courtils.

Le marais Vernier, « un monde entier sur la terre » disait Guy de Maupassant, qui connaissait comme personne ce lieu si singulier où il aimait chasser. Dans l’un de ses livres les plus célèbres, Le Horla, il évoque cet univers troublant, les plaines basses couvertes d’eau, les vagues rumeurs dans les roseaux, les brumes qui s’accrochent aux joncs, les feux follets étranges, l’imperceptible clapotement, le silence des nuits sans lune. Pour lui, c’est ici « le mystère même de la création ». Impossible de ne pas penser à Maupassant lorsqu’après bien des détours, le marais Vernier et ses courtils finement « laniérés » se révèlent d’un coup, depuis le coteau qui le surplombe. Au printemps, c’est l’immersion dans une vitalité ensorcelante. À l’automne, une splendeur rousse qui se déploie dans la lumière des grands hêtres et des merisiers.Jadis voués à l’élevage extensif et au maraîchage, ses courtils sont aujourd’hui menacés par la déprise. Il s’agit désormais de les préserver.

Courtil signifie jardin en vieux français. Il désignait des parcelles en longueur, qui permettaient de répartir équitablement les terrains entre les habitants du marais, car la disposition de la tourbière ne permettant d’y accéder que par son pourtour. Chaque courtil mesure environ un kilomètre en longueur, et quelques dizaines de mètres en largeur. Il est délimité par un réseau de fossés bordés de saules têtards et d’aulnes, deux arbres emblématiques des zones humides.

La flore

La flore du Marais Vernier est constitué d'aulnes, de saules têtards, de vergers (pommes, poires, prunes, cerises), de rubanier, callitriche, osmonde royale, drosera carnivore, d'iris jaune, de menthe aquatique, de reine des prés (spirée), de sphaigne...

La faune

Le Marais Vernier est habité par de nombreux oiseaux dont le balbuzard pêcheur, la sarcelle d'hiver, le busard des roseaux, la pie-grièche, le héron cendré, la barge à queue noire, la spatule blanche, l'avocette, la cigogne blanche, la chouette chevêche, effraie et hulotte, le hibou moyen duc, la buse, le corbeau freux, la grive draine, le faucon crécerelle ou encore le râle des genêts…

Le Département de l’Eure assure la gestion quotidienne de ces espaces naturels. Un chargé d’étude est présent sur le site. Il a en charge le gardiennage, l'entretien et le suivi scientifique, ainsi que les relations avec les usagers locaux. Le Marais Vernier n’est pas doté d’un plan de gestion, mais d’une étude territoriale. Il s’agit d’un document cadre, un guide, donnant les orientations d’aménagements et de gestion visant à protéger ce site naturel.

Pour conserver l’exceptionnelle diversité de la flore et de la faune il faut lutter contre la friche. Ainsi, les rustiques vaches écossaises Highland, capables de passer tout l’hiver dehors, s’y emploient. Avec l’aide des chevaux de Camargue, partout à l’aise les pieds dans l’eau, des Vaches bretonnes Pie Noire et des moutons Shetland. En pied de coteau, de nouveaux vergers s’implantent. Quand vient la saison, les habitants vendent leurs pommes – notamment la fameuse pomme de Rever – en exposant leurs cageots devant leurs maisons.

 

Implanté le long des rivières et des fossés, le saule têtard maintient les berges, grâce à ses racines et il constitue un réservoir de biodiversité. Tous les cinq ans environ, on coupe ses branches à ras. Ainsi étêté, il ne risque pas de se renverser en cas de tempête et de soulever les berges dans sa chute.

Les arbres têtards sont caractéristiques du paysage du Marais vernier. Beaucoup de ces arbres ont disparu au fil des années par manque d’entretien. Le Conservatoire s’est donc engagé à réaliser des opérations de plantations, de formation et d’entretien de ces arbres afin d’assurer leur pérennité.

Cette vaste poche de tourbe semi-circulaire, née du comblement d’un méandre de la Seine s’étend sur 4 500 hectares et a toujours été habitée et cultivée.

Elle a subi bien des outrages, principalement de nombreuses tentatives d’assèchement depuis le XVIIe siècle. Après la Seconde Guerre mondiale et le Plan Marshall, la partie nord du marais a été finalement poldérisée et livrée à l’agriculture intensive. Mais la partie sud garde ses traditions de maraîchage et d’élevage, son découpage en courtils, ses vergers et ses jolis villages, Marais Vernier, Bouquelon, Sainte-Opportune-la-Mare, Saint-Thurien, Saint-Ouen-des-Champs.

De plus, le Marais Vernier abrite la plus grande tourbière de France avec le seul étang naturel de Haute-Normandie : la Grand'Mare.

Carte d'identité du site

Commune(s) : FOULBEC (27) , MARAIS-VERNIER (27) , QUILLEBEUF-SUR-SEINE (27) , SAINT-AUBIN-SUR-QUILLEBEUF (27) , SAINT-OUEN-DES-CHAMPS (27) , SAINT-SAMSON-DE-LA-ROQUE (27) , SAINT-THURIEN (27) , SAINTE-OPPORTUNE-LA-MARE (27) , TOUTAINVILLE (27)

Surface protégée : 767.55 hectares

Protégé depuis : 1998

Nombre d'actes d'acquisition signés : 33

Balade Ouvert au public

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