MARAIS DE PENESTIN

Situés au nord de la Presqu’île Guérandaise, le long de la baie de Pont-Mahé, les marais de Pénestin constituent une zone humide remarquable par la continuité de ses habitats et l’amplitude extrême de son régime hydrologique. Asséchés en été à faire craquer la terre et ennoyés l’hiver telle une immense lagune arrière littorale, ils présentent de multiples aspects. À l’est de la pointe du Bile, du côté du Lesté, canaux orthogonaux bordés de végétation palustre et prairies pâturées par de petits troupeaux de bovins composent une mosaïque ordonnée embroussaillée à ses franges par d’épaisses lisières de prunelliers et de fougères. À quelques encablures de là, à l’est du hameau de Kerséguin, changement d’amplitude. Les milieux ouverts prennent toute leur dimension avec les grandes prairies inondables, les roselières, les cariçaies et les jonchaies traversées par les étiers du Foy, de Kerfalher et de Pont-Mahé qui relient tel un véritable corridor écologique le marais à la mer. Limite septentrionale du Parc Naturel Régional de Brière, ce secteur présente de vastes paysages où ondulent dans les dépressions humides les plumets des phragmites et s’agitent dans les prés les herbes blondes. Bocages denses enracinés sur les versants, boisements épars, friches et terres cultivées implantées çà et là complètent ce territoire d’où émane aux beaux jours une multitude de chants d’oiseaux et où s’élèvent en hiver d’épaisses brumes matinales. Par moments, la frontière entre la terre et la mer s’amenuise. Lors des grandes marées, les eaux salées traversent le cordon dunaire qui sépare l’estran du marais. Submergeant la vanne de la plage du Palandrin, le flot remonte alors par l’étier de Pont-Mahé, alimentant ainsi des prés-salés, habitats d’une grande richesse écologique. Sur les rivages, cordons sableux et falaises rocheuses alternent. De la plage de sable blanc du Palandrin aux falaises de micaschistes ocre de Pont-Mahé, coexistent de multiples faciès implantés sur l’une des baies les plus abritées de la façade atlantique.

La flore

À la croisée des paysages de marais salants et de Brière, où eaux douces et salées se côtoient et s’interpénètrent par endroits, les marais de Pénestin accueillent une végétation contrastée. Touffes de joncs étalés, iris des marais et salicaires, jolies plantes dont les longues inflorescences rose pourpre sont utilisées pour teindre les bonbons en rouge, bordent les étiers. Dans les prairies humides, reines des près et angéliques des bois s’entremêlent aux carex en une strate herbacée inextricable tandis que le long des chemins frais qui mènent au littoral, les épilobes hirsutes accrochent la lumière du soleil avec les poils de leur tiges. Au moment où les senteurs marines annoncent la proximité de l'océan, landes à ajoncs d'Europe et à bruyères cendrées, fourrés d’épines noires et frondaisons de pins apparaissent, préfigurant le trait de côte. Spergulaires des rochers, arméries et silènes maritimes colonisent les parois des falaises de Pont-Mahé alors que sur les dunes grises, ce sont scolymes d’Espagne et orchis bouc qui se distinguent. Passée la frontière des laisses de mer, commence un autre monde végétal dans lequel tiges, feuilles et racines n’existent plus : celui des algues constituées de thalles, appareil végétatif uni ou pluricellulaire.

La faune

Classé Zone d’Importance Communautaire pour les Oiseaux, sous le nom de “Baie de Vilaine”, le littoral de Pénestin accueille de nombreuses espèces nicheuses ou hivernantes qui trouvent dans les marais de précieux refuges. Lieux de nourrissage pour le héron cendré, l’aigrette garzette et le busard cendré, ces milieux féconds sont de nature à abriter, dans les roselières bordant l’étier de Pont-Mahé et ses canaux adjacents, le plus petit des hérons européens, le blongios nain. Ce pélécaniforme est facilement identifiable grâce à son chant voilé ressemblant au coassement d’un batracien. Dans le même habitat vit également la rousserolle effarvatte, petit passereau qui, lorsqu’il s’alimente, paraît des plus agités. Il se déplace alors avec rapidité et agilité de tiges de roseaux en houppiers de saules. Le râle d’eau est quant à lui un grand marcheur. Avec ses courtes ailes et ses pattes robustes, il est particulièrement bien constitué pour se frayer un chemin dans cette végétation dense qui lui assure une protection efficace contre les prédateurs. À la saison froide, les sarcelles d’hiver fréquentent les grandes étendues ennoyées du marais du Bile qu’elles apprécient pour leur tranquillité. Les canards colverts nagent sur les espaces aquatiques plus intimes, tels les canaux où ils ne s’écartent guère des berges.

 

 

Acquis sur 70 hectares par le Conservatoire du littoral à partir de 2004, ce site est géré par la commune de Pénestin, collectivité adhérente à la communauté d’agglomération “Cap Atlantique”. En concertation avec le Conservatoire et dans le cadre d’un Plan d’Aménagement et de Développement Durable, ce partenaire veille à la présence de coupures d’urbanisation sur le littoral, protége le maillage bocager et entretient les zones humides afin de préserver ce patrimoine naturel remarquable. Victimes de leur succès, certains secteurs souffrent d’une fréquentation trop concentrée. Aussi, pour favoriser une présence plus diffuse,notamment sur le sentier littoral et à la pointe du Bile, le stationnement est peu à peu redéployé en arrière des côtes tandis que d’autres chemins sont ouverts. Les parties méridionales des marais du Bile et de Pont-Mahé sont inscrites en périmètre Natura 2000 et en Zone d’Intérêt Faunistique et Floristique de classe II pour leurs potentialités biologiques importantes. Dans ce cadre, elle font l’objet d’un suivi naturaliste destiné à mieux connaître leurs richesses patrimoniales. L’équilibre écologique de ces zones humides dépend étroitement de la maîtrise du niveau et de la qualité des eaux qui les alimentent. Pour parvenir à concilier au mieux nécessités écologiques et usages agropastoraux, une gestion hydraulique y est assurée. Canaux et étiers sont curés périodiquement. Les débits sont régulés par des vannes afin de drainer les prairies au printemps et conserver leur humidité en été.

Pratiquées de longue date, les activités agropastorales sont aujourd’hui encore très présentes dans les marais de Pénestin. Étroitement liées au maintien de ces paysages variés, elles se déploient essentiellement autour du pâturage et de la fauche. Ainsi, plusieurs troupeaux de bovins laitiers ou allaitants paissent une grande partie de l’année dans ces prairies humides, après le regain de la fauche d’été qui produit un foin parfumé et en dehors des périodes d’inondation. Au pays, la fenaison est une véritable tradition. Jusqu’au milieu du XIX e siècle, la coupe du foin long était pratiquée à la faucille ou à la faux, en 12 heures par hectare pour le premier outil et 6 heures pour le second, impliquant pour chaque technique une main d’oeuvre importante. Séchée en andain, puis retournée, la récolte était transportée à l’abri sur une charrette tractée par un cheval ou un boeuf. À l’orée du XX e siècle, la mécanisation apparaîtra progressivement pour s’accélérer au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. De nos jours, la fauche est exécutée en moins de 3 heures par une faucheuse à barre ou à disque. Les herbages sont mis en balles mécaniquement. Côté mer, la baie de Pont-Mahé abrite une activité mytilicole conséquente et de grande renommée. Cette anse est connue par ailleurs pour être un haut lieu de pratique de la planche à voile.

Site de la Région Bretagne : www.bretagne-environnement.org

 

Mairie de Pénestin

44 rue du Calvaire

56760 Pénestin

Tél. : 02 23 10 03 00

www.mairie-penestin.com

Carte d'identité du site

Commune(s) : PENESTIN (56)

Surface protégée : 59.64 hectares

Protégé depuis : 2008

Nombre d'actes d'acquisition signés : 7

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