HAVRE DE SURVILLE

Le havre de Surville est le plus petit estuaire de la côte ouest du département de la Manche. Il est profond d’environ un kilomètre et ne dépasse guère les 500 mètres de large, les eaux de la « Dure » n’étant jamais très profondes. Sa partie sud est fermée par une flèche sableuse dont la longueur fluctue sous l’effet des marées et du débit fluviale.

Les importants massifs dunaires (environ 2 km de large) que sépare cet estuaire s’étendent au nord et au sud sur une longueur d’environ 3 kilomètres chacun.

L’intérêt paysager du site est indéniable avec son havre et sa flèche sableuse. Le massif dunaire de grande envergure offre des sous-unités variées : pelouses, dépressions humides, fourrés, conifères… lui conférant une diversité d’ambiances, héritée des usages anciens. Le pacage des dunes et le creusement de nombreux points d’abreuvement pour le bétail (appelées mares ou pannes). Aussi, de manière plus récente l’avancée du maraîchage au sein même du massif dunaire a transformé de façon radicale certains espaces de pelouses rases au relief « moutonné » par un aplanissement des sables. Le patrimoine bâti historique est pauvre. Il se limite sur le site aux ruines d’une ancienne bergerie dissimulée dans la végétation de fourrés sur les « Mielles d’Allonne » et à deux blockhaus datant de la seconde guerre mondiale.

La Dure est une petite rivière de moins de 10 km de longueur, pourtant portée au rang de fleuve dans la mesure où elle se jette directement en mer. Elle prend sa source à l’est du site sur la commune de Bolleville, à l’ouest de la Haye-du-Puits. Son bassin versant, d’une surface approximative de 13,8 km2, draine un territoire rural relativement bocager et peu urbanisé. La frange ouest de ce bassin versant est occupée quasi exclusivement par des cultures légumières intensives.

Un autre écoulement (temporaire) drainant les eaux de ruissellement d’un petit bassin versant situé entre ceux de la Dure au nord et de l’Ouve au sud, vient rejoindre la Dure au niveau du havre. Le fonctionnement hydrologique des dépressions humides de la dune (pannes) est relativement complexe avec de grandes fluctuations de niveaux, dépendant du niveau de d’eau de la nappe d’eau souterraine.

Le havre est le cœur du site, lieu de variation journalière du paysage par l’effet des marées, le havre est un espace ouvert, parfaitement horizontal dans lequel les courbes des méandres apportent nuance et diversité. Le reflet du soleil sur les vasières, les surfaces en eau, les prés-salés, tout contraste avec les massifs dunaires qui entourent cet espace.

11 espèces de batraciens au moins, sur les 14 connues dans le département, accomplissent sur ce site, leur cycle de vie. Les pannes humides et mares de la dune grise jouent un rôle considérable pour leur reproduction. La plupart ont été trouvés en populations conséquentes lors des inventaires réalisés. Toutefois, les densités de populations fluctuent en fonction de la pluviométrie annuelle et donc du remplissage et du temps d’immersion des dépressions humides de la dune. Ont été recensés le triton marbré, le triton crêté, le crapaud accoucheur, le crapaud calamite et la rainette verte qui sont des espèces strictement protégées.

 

Dans les havres, les vastes replats sableux ainsi que les zones basses de la slikke offrent à l’embouchure des fleuves côtiers leur caractère estuarien et préfigurent la formation de l’herbu. La dynamique sédimentaire actuelle qui tend vers l’ensablement des havres et la limitation de l’effet de chasse des fleuves, à laquelle s’ajoute la dynamique de la végétation conduit à la raréfaction de ce caractère maritime. Ces milieux sont essentiels aux oiseaux pour se nourrir ou se reposer. Le havre présente une végétation de Salicornes aux ceintures des végétations prairiales en contact avec le haut schorre. Il faut ici, noter la présence de la Frankénie lisse, le Statice commun ou Lavande de mer.

Puis, en fonction de l’influence des marées, on distingue : les végétations de prés salés du bas-schorre, les végétations de prés salés du moyen-schorre, les végétations de prés salés du haut-schorre, les végétations de prés salés du contact haut schorre/dune, les végétations prairiales hautes des niveaux supérieurs. Les espèces caractéristiques sont l’Aster maritime, la Puccinélie maritime, l’Obione et ses sous-espèces, l’Armérie maritime, le Plantain maritime, la Frankénie lisse. Le maintien de ces habitats est directement lié au fonctionnement et de la qualité hydrologique du bassin versant.

Dans les dunes, les lantes rares identifiées sont le Muscari à toupet, l’Epipactis helleborine une orchidée, et le Chardon des dunes. Au niveau des pannes la Pyrole à feuilles rondes,  l’Epipactis des marais, une orchidée et l’Ophioglosse apportent une réelle plus-value écologique au site.

Le site fait partie des sites d’intervention du Conservatoire du littoral. Les terrains acquis sont remis en gestion au Syndicat mixte des espaces littoraux de la Manche (SyMEL). Un garde du littoral est affecté à ce site. Il a en charge le gardiennage, l'entretien et le suivi scientifique, ainsi que les relations avec les usagers locaux. (http://www.symel.fr/)

Le Havre de Surville dispose de mesure de préservation depuis 2004, date à laquelle a été rédigé le 1er plan de gestion. Il s’agit d’un document cadre, un guide, donnant les orientations d’aménagements et de gestion pour protéger ce site naturel. Un des objectifs de gestion de ce site est de contrôler la dynamique naturelle de la végétation.

Les pelouses et dépressions humides (pannes) de la dune fixée ont une tendance naturelle à « l’embroussaillement » (colonisation par les ronces et les arbustes tels que le troène ou l’aubépine) ; l’évolution étant plus rapide pour les pannes. En effet, les milieux humides de la dune ont une dynamique naturelle relativement rapide : ils tendent progressivement à « s’atterrir » et à s’homogénéiser : développement de fourrés de saule des dunes denses et uniformes, et pour les secteurs les plus humides à la saulaie marécageuse. Cette dynamique naturelle conduit progressivement, en l’absence d’intervention de gestion des milieux, à une banalisation et une baisse de la biodiversité, d’où la nécessité de maintenir des activités agricoles maîtrisées sur ce site.

Aussi, le site est aussi inclus dans l’enveloppe de la zone écologique d’intérêt européen au titre de Natura 2000 s’intitulant «littoral ouest du Cotentin de St-Germain-sur-Ay au Rozel». (http://littoral-normand.n2000.fr/).

Carte d'identité du site

Commune(s) : GLATIGNY (50) , SAINT-REMY-DES-LANDES (50) , SURVILLE (50) , VAINS (50)

Surface protégée : 328.32 hectares

Protégé depuis : 1979

Nombre d'actes d'acquisition signés : 17

Ouvert au public

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Les gestionnaires

symel

Les partenaires

natura 2000

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