Les zones humides

Les zones humides littorales : des écosystèmes utiles pour les territoires

Préserver les zones humides

Le littoral est un territoire à fort enjeu, sous l’effet des pressions des activités humaines et du changement climatique, rendant les milieux humides côtiers de plus en plus vulnérables. Peu connus aujourd’hui de la société civile, ces espaces sont pourtant utiles par les services qu’ils nous procurent. Ils ont en effet une importance déterminante pour la régulation et la qualité des eaux, l’atténuation des risques naturels, le maintien d’une biodiversité rare et spécifique, le développement d’activités économiques par les ressources produites, la valeur sociale par leur attractivité…


Aujourd’hui, nous connaissons les valeurs des zones humides littorales par les services qu’elles rendent à la société. Les solutions mises en places sont adaptées à chaque zone humide : reforestation, pas d’accès public, protection de la faune et la flore, etc. Milieux solidaires aux multiples fonctions, les préserver et les valoriser est essentiel.

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Présentation du Pôle-relais mangroves et zones humides d'Outre-mer

Retrouvez le dessin animé de l'Agence de l'eau RMC

Le saviez-vous ?

Dans certaines parties du globe, les zones humides sont étroitement connectées aux cycles migratoires de différentes espèces animales. Lieux de haltes destinés au repos et à l’alimentation de l’avifaune, leur préservation est au cœur de la conservation des populations d’oiseaux effectuant des milliers de kilomètres chaque année pour rejoindre les sites de reproduction ou hiverner dans des conditions plus clémentes.

Quelles sont les zones humides qu'on retrouvent sur le littoral ?

Les zones d'estuaires

Il s'agit des embouchures des fleuves où l’eau douce se mélange à l’eau de mer, où les sédiments charriées par les rivières vont façonner l’embouchure du fleuve. On y retrouve des milieux humides comme les vasières (zones sans végétation apparente) sur la partie basse des estuaires, ou encore les prés salés (végétation halophile) en haut de l’estuaire. Environ 10 000 ha sont répertoriés sur le littoral français.

Les marais, lagunes côtières et saline

Ces étendues côtières d’eau salée à saumâtre correspondent le long des côtes basses à des zones humides ou des marais côtiers.

Pour les lagunes, les échanges avec la mer se font, soit par un étroit chenal que remonte la marée, soit lorsque la lagune est fermée, par percolation sous un cordon de galets. Les lagunes ont été souvent aménagées pour promouvoir des activités agricoles ou aquacole.

Les marais côtiers, ou littoraux, ont été réalisés au cours des siècles précédents, en prenant sur la mer avec des systèmes de digue et de canaux pour gérer au mieux l’eau.

Les lacs et marais d’eau douce

Ils se forment souvent soit à l’intérieur des terres, soit par adoucissement d’une lagune marine isolée de la mer et alimentée par des cours d’eau. Ils englobent divers types de milieux peu profonds, souvent inondés une partie de l’année seulement, allant des roselières qui entourent les plans d’eau aux prairies humides pâturées, en passant par les mares temporaires.

© Frédéric Larrey

Dans les territoires d'outre-mer

Les mangroves, la forêt dans la mer

La mangrove est un type particulier de zones humides propres aux côtes basses des régions tropicales, exclusive à l’outre-mer. Elles font parties des écosystèmes les plus précieux par leur rôle multiple : vente de produits issus de la pêche et du bois, emplois directs et indirects de la pêche et du tourisme, stockage du carbone terrestre, élimination de polluants des eaux, etc. Elles protègent même les côtes des menaces du réchauffement climatique !

La superficie totale des mangroves des outre-mer français a été estimée à 87 773 ha en 2020, majoritairement en Guyane et en Nouvelle-Calédonie. En 2015, le Conservatoire est déjà affectataire de 25 000 ha de mangroves répartis sur une cinquantaine de sites en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane, à St Martin et à Mayotte. Ces acquisitions sont le fruit d’un travail de longue haleine, commencé dans les années 1980.

Les forêts marécageuses

En arrière-mangrove, où le sol est gorgé d’eau douce ou faiblement saumâtre, se trouve des formations arbustives. Dans les Antilles, ce milieu est composé notamment d’une seule espèce fondatrice : la mangle médaille, Pterocarpus officinalis. Il ne subsiste qu’une petite parcelle en Martinique (forêt du galion) mais elle est plus présente en Guadeloupe. En Guyane, la forêt marécageuse est beaucoup plus diversifiée avec plusieurs arbres.

Les savanes inondables

En arrière mangrove, sur le littoral guyanais, certaines savanes peuvent être considérées comme des zones humides. Ces formations formées par la spécificité d’un sol argilo-sableux et des activités humaines recèlent une flore et une faune spécifique.