POINTES ET PLAGES DE SAZILEY ET CHARIFOU

Le site de Saziley et Charifou se situe à l’extrême sud-est de Grande Terre. Les reliefs escarpés des pointes offrent des points de vue superbes et authentiques. On y admire une grande diversité d'habitats : récif frangeant, mangrove, plages ou rochers, forêt littorale, forêt sèche, agroforêt, padza... .
Comme son nom l’évoque, il comprend la pointe de Saziley, connue pour sa forme particulière de tête de crocodile, et Charifou, compris entre le village de Dapani et M’bouini. Le site de Saziley est l’endroit le plus sec de Mayotte avec seulement 3 mois humides (janvier à mars). Son paysage unique, son accessibilité difficile et les tortues marines sont autant d’atouts qui en font un site naturel majeur de l’île relativement fréquenté. Au niveau géologique, le dôme coulée du Saziley bé issu d’une activité volcanique datant de – 3 millions d’années, communément appelé la tête de crocodile, forme un paysage très particulier et caractéristique. Les padzas, formation de terre mise à nue à la fois naturellement et d’origine humaine, constitue un élément paysager du site aux teintes rougeâtres données par les argiles ferralitiques. A Saziley, 1 padza est accessible depuis le sentier de Grande randonnée au niveau de Saziley Bé. Un autre padza est accessible le long de la route passant entre Dapani et M’bouini.

La flore
La sécheresse du site est un élément clé de la constitution de la végétation sèche du site. La pointe de Saziley et Charifou accueille des reliques de forêt sèche sur l’extrémité des pointes à savoir Saziley bé et Rassi Maoussi. En 2009, il est estimé à moins de 100 hectares, la superficie de forêt naturelle sèche.
Cette forêt est caractérisée par une végétation ne dépassant pas 10 mètres de hauteur avec une flore s’adaptant aux conditions par une perte des feuilles en saison sèche pour limiter la consommation d’eau, comme le commyphora arafy également appelé l’arbre mort vivant du à son écorce qui se décolle.
Au détour d’un sentier, l’arbre le plus mythique et majestueux, est sans aucun doute le baobab. Le site en compte près de 700 individus répartis sur le littoral. 2 espèces sont présentes avec le boabab africain, très commun, et le baobab malgache comptant 6 individus sur le site sur les 7 individus présents à Mayotte. Avec 2 espèces de baobab, Mayotte est le deuxième territoire le plus riche au monde derrière la grande île voisine de Madagascar comptant 8 espèces. Le baobab est un arbre mystique comportant de nombreuses croyances notamment celle qui affirme que de nombreux djinns (« esprits ») y vivent. Un baobab situé sur la plage d’Angaltsara, est un « bouyou fady ». C’est-à-dire que cet arbre est un baobab interdit. D’ailleurs, la légende dit qu’une personne une fois s’y est aventurée et elle n’a pas été retrouvée jusqu’à ce jour.

La faune

Qui dit Saziley, dit forcément tortues marines. Avec 10 plages accueillant les tortues pour pondre, Saziley est un site primordial de reproduction de la tortue verte, l’espèce la plus commune à Mayotte. A la nuit tombée et lors des marées hautes, les femelles tortues viennent pondre dans le sable entre 100 et 150 œufs qui écloront après 2 mois d’incubation. Avec 1500 pontes annuelles estimées sur ces plages, on comprend l’importance de protéger ce site.
Des oiseaux endémiques comme le Souïmanga en passant par les makis et les roussettes, le site présente également une faune riche et variée.

Depuis mars 2021, la gestion du site est partagée entre le Conseil départemental et la Communauté de communes du Sud.

A Saziley et Charifou, les cultures sur brûlis avec rotation par parcelles tendent à se multiplier et à se sédentariser du fait de la pression démographique et du besoin de plus en plus croissant d’espaces pour cultiver.
Le défi que tentent de relever le Conservatoire et le Conseil départemental est d’intégrer ces agriculteurs recensés à la gestion en développant des conventions agricoles pour que l’exploitant continue son activité gratuitement en contre partie du respect des préconisations environnementales (mise en place d’arbres, cultures en andains..). 60 conventions ont été signées en 2009/2010 pour conforter ces agriculteurs et figer une situation en constante évolution avec l’arrivée en toute illégalité de « squatteurs agricoles » sur le site du Conservatoire.

Les équipes du Conseil départemental sont investies dans la protection des tortues marines et sont présentes en permanence pour lutter contre le braconnage, réaliser les suivis et vous informer.

La pointe de Saziley : le cœur du ziara
Le site de Saziley fait état de nombreuses croyances et légendes. La plus commune est certainement le ziara sur la pointe de Saziley. Une zone sur l’extrême pointe de Saziley est appelé « cœur du ziara » ou le « cœur du territoire fady ». Cette zone est clairement délimitée par deux baobabs et en son sein, un certain nombre de « fady » (tabous, interdits, prescriptions) sont connus comme le fait de ne pas fumer, ce qui pourrait attirer les djinns, d’uriner, de porter certains vêtements notamment rouge et surtout d’éviter des périodes de la journée sans quoi les djinns vous ensorcellent.

Un réseau de 21 kms de sentiers est aménagé sur la pointe de Saziley. Un sentier de grande randonnée (GR1) traverse le site au niveau du littoral du village de M’tsamoudou à Dapani.
Ces espaces sont vivants et fragiles, merci de respecter la réglementation et d'adopter un comportement respectueux des paysages, de la flore, de la faune et de la tranquillité des lieux.
Ne laissez aucune trace de votre passage.
Si vous souhaitez venir sur le site pour observer la ponte de Tortues marines, vous pouvez contacter :
Direction de l’environnement et du développement durable du conseil départemental de Mayotte
ZI Nel Kawéni 97600 Mamoudzou
tél : (02) 69 64 98 59.

Carte d'identité du site

Commune(s) : BANDRELE (976) , DEMBENI (976) , KANI KELI (976)

Surface protégée : 457.45 hectares

Protégé depuis : 1997

Nombre d'actes d'acquisition signés : 7

Ouvert au public

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