Etudiant.e en contrat d’apprentissage (H/F) « Chargé(e) d’adaptation des usages agricoles en zones humides » au sein de la délégation Outre-mer Antenne de Guadeloupe Basse-Terre

Lieu : BASSE TERRE

Service : Antenne de Guadeloupe

Poste à pourvoir le : 01/10/26

Date limite de candidature : 30/05/26

Description du poste :

Le Conservatoire du littoral, établissement public administratif de l’Etat, acquiert, restaure et aménage des espaces du littoral et des rivages lacustres en vue de les soustraire à l’urbanisation, de protéger les paysages qu’ils constituent et leur richesse écologique et patrimoniale, tout en les rendant accessibles au public. Créé en 1975, le Conservatoire protège aujourd’hui plus de 213 000 ha situés sur le littoral. Son objectif à l’horizon 2050, dit du « tiers naturel » correspond à une cible de 320 000 ha protégés. Les terrains du Conservatoire sont confiés en gestion aux collectivités territoriales ou à des associations.

Pour réaliser ses missions, le Conservatoire emploie actuellement 220 agents, fonctionnaires ou contractuels, au siège à Rochefort et dans les dix « délégations de rivages » réparties sur le littoral (en métropole et outre-mer). Ces délégations sont chargées, conformément aux orientations nationales, de négocier l’acquisition des terrains, d’assurer la maîtrise d’ouvrage de travaux sur ces terrains, d’en confier et d’en suivre la gestion.

La direction de l’établissement est située à Paris. La directrice adjointe et les 4 services nationaux du Siège sont situés à Rochefort. Ils comprennent une soixantaine d’agents répartis au sein du Secrétariat général, de la direction de la protection foncière (DPF), de la direction de la stratégie et de l’animation territoriale (DSAT) et de la direction de la gestion des patrimoines (DGPAT).

La délégation outre-mer est basée à Paris et coordonne l’action de 6 antennes permanentes situées dans les régions outre-mer : Guadeloupe, Martinique, Saint Martin, Guyane, La Réunion et Mayotte. Elle est composée d’une vingtaine d’agents repartis dans les antennes et de 3 agents à Paris. Elle met en œuvre, sous l’autorité du directeur de l’établissement, la politique de préservation des rivages de l’Outre-mer qui est proposée par les conseils de rivages puis validée par le Conseil d’administration.

Contexte du poste

En Guadeloupe, l’agriculture est aujourd’hui en pleine mutation, confrontée à des enjeux économiques, alimentaires et de développement social qui nécessitent de repenser certaines filières et de renforcer la durabilité des pratiques. Ce contexte global influence les sites du Conservatoire du littoral, où les usages agricoles, ancrés dans des traditions familiales et un rapport historique au domaine public, présentent une grande diversité.

Celle-ci se caractérise par un statut professionnel hétérogène des occupants, souvent pluriactifs, et par des systèmes d’exploitation principalement orientés vers une agriculture de subsistance. Les nombreux terrains acquis par le Conservatoire auprès de la SAFER reflètent également cette variété, allant des grandes cultures intensives, telles que la canne à sucre ou la culture d’ananas, aux petits jardins familiaux sur des lots de très petite taille. Cette diversité d’occupations pose des défis de gestion dans un contexte où l’agriculture entre en concurrence directe avec la préservation des écosystèmes insulaires, et où la rareté des terres accentue les pressions foncières.

Dans ce cadre, il est essentiel pour le Conservatoire d’adopter une approche stratégique conciliant les enjeux économiques, sociaux et environnementaux propres à chaque site, tout en s’appuyant sur une vision agricole globale, partagée avec les acteurs et partenaires locaux, pour orienter l’action. Cela nécessite, d’une part, un diagnostic précis des surfaces et des pratiques actuelles afin de mieux comprendre les usages agricoles et leur impact potentiel sur les écosystèmes sensibles (lisières de mangroves, forêts marécageuses, milieux marins) et, d’autre part, une gestion adaptée, soutenue par des cahiers des charges respectueux de l’environnement, pour encourager des pratiques agricoles durables.

Par ailleurs, le cadre de gestion des sites du Conservatoire du littoral en Guadeloupe reste à consolider, nécessitant l’émergence de dispositifs innovants permettant de concilier préservation de la biodiversité et développement agricole durable.

Objet du projet

L’enjeu est de construire, sur la base de la doctrine agricole et du cadre conventionnel national du Conservatoire du littoral, une stratégie opérationnelle pour encadrer les usages agricoles sur les terrains relevant de l’établissement en Guadeloupe. Cette mission vise également à initier un cadre de médiation et d’animation territoriale avec les acteurs agricoles locaux, afin de favoriser la co-construction de pratiques durables adaptées aux spécificités écologiques et sociologiques du territoire.

En collaboration avec les acteurs du monde agricole, il s’agira de faciliter l’émergence d’un cadre partenarial local, sur lequel appuyer une gestion robuste et pérenne des usages agricoles. Ce cadre devra répondre aux enjeux spécifiques des sites protégés, en intégrant la sensibilisation aux pratiques respectueuses des écosystèmes et en prenant en compte la diversité des statuts professionnels et des pratiques des exploitants.

Description des missions

L’apprenti.e aura pour missions de :

- Effectuer un travail de recherche bibliographique : réaliser une recherche sur l’agriculture en Guadeloupe, en intégrant également une comparaison avec les pratiques agricoles dans d’autres territoires d’Outre-mer, singulièrement dans les zones d’arrières-mangroves. L’apprenti.e devra analyser divers documents, y compris diagnostics, cahiers des charges et conventions déjà réalisés, pour aider à bâtir une stratégie globale. Il sera également pertinent d’étudier les pratiques sur d’autres espaces naturels protégés en Guadeloupe (PNG, Conseil Départemental, ONF), afin d'identifier des initiatives reproductibles et adaptées aux sites du Conservatoire.

- Fiabiliser le diagnostic des usages agricoles : reprendre et actualiser le diagnostic des relevés de terrain réalisés entre 2020 et 2022 pour les sites du Conservatoire sur les communes Petit-Bourg -Pointe à Bacchus), des Abymes (Rivière Salée – Golconde), Morne-à-l’Eau (Perrin – Gressier – Babin) et Sainte-Rose (Marie-Thérèse et Welch – Bois Fermé). Cette activité inclut la vérification et la mise à jour des données concernant les limites des lots, les types d’usages, les profils des usagers agricoles, et un recensement des besoins matériels des exploitants (abris, réservoirs d'eau, etc.). Il sera également nécessaire de lancer une enquête sur cette question pour identifier les équipements nécessaires.

- Dresser un diagnostic des sites exploités: capitaliser les informations tirées des études sur le régime hydrologique du bassin versant, la qualité des eaux de surface et souterraines (pollutions diverses), l’exposition à l’aléa inondation et aux effets du changement climatique (salinité des sols et eaux souterraines, etc.). Pour ce faire, l’apprenti.e s’appuiera sur les éventuelles études conduites par la Communautés d’agglomérations, l’Office de l’eau Guadeloupe, le BRGM et l’ARS.

- Identifier les freins et opportunités pour une agriculture durable et adaptée au changement climatique : analyser les obstacles et opportunités (notamment les partenariats potentiels, les changements de pratiques) pour une agriculture durable sur les sites d’arrières-mangroves protégé par le Conservatoire. Sur cette base, participer à la définition d’objectifs concrets tels que : réduire l’impact environnemental de la monoculture, mettre en place des zones tampons pour protéger les zones humides, encourager des pratiques d’élevage extensif respectueuses des écosystèmes et la biodiversité des sols, etc.

- Proposer un cadre conventionnel agricole : contribuer à l’élaboration d’un cadre de gestion collective des usages agricoles spécifiques aux sites du Conservatoire en Guadeloupe, intégrant un cahier des charges de pratiques durables, adapté aux enjeux écologiques et territoriaux, afin de promouvoir une agriculture respectueuse de la biodiversité insulaire, tout en répondant aux besoins économiques et vivriers des exploitants.

Livrables attendus :

- Cartographie détaillée des usagers et usages agricoles sur les sites concernés

- Diagnostic de l’état des milieux humides et habitats naturels

- Notices de création ou d’entretien d’infrastructures agroécologiques

- Cahier des charges actualisé et adapté au contexte local pour encadrer les usages agricoles

Relations hiérarchiques et fonctionnelles

L’apprenti.e sera encadré.e fonctionnellement et pédagogiquement par son maître d’apprentissage, le responsable d’antenne, délégué adjoint.

En interne, elle/il est en relation fonctionnelle avec l’ensemble des agents de la délégation, plus particulièrement avec l’antenne de la Guadeloupe et le siège de la délégation à Paris, ainsi qu’avec les services nationaux du Conservatoire du littoral basés à Rochefort.

En externe, elle/il exécute sa mission en partenariat avec les gestionnaires collectivités ou associations, les services de l’Etat, et les usagers agricoles.

Profil :

Niveau de diplôme

Niveau BAC+3, BUT ou équivalent dans le domaine des sciences de l'environnement, de la gestion des espaces naturels ou de l’agronomie.

Profil et compétences requises

- Très bon relationnel

- Méthode, rigueur et autonomie

- Capacités à s’intégrer rapidement dans une équipe et à être proactif

- Connaissance en économie agricole et en agronomie appliquée à la gestion d’espaces naturels, notamment tropicaux

- Connaissance du contexte environnemental et sociologiques guadeloupéen ou antillais

- Connaissance du monde agricole et expérience de dialogue avec la Profession appréciée

- Goût pour le travail de terrain

- Compréhension des actions du Conservatoire du Littoral notamment en matière de gestion des espaces naturels

- Maîtrise des SIG (QGis) : cartographie, analyse spatiale, traitement géostatistiques, etc.

- Maitrise des logiciels de bureautique, notamment Excel (gestion de la base de données, publipostage)

- Maitrise des logiciels d’analyse statistique (R, SPSS, SAS, etc.)

- Maîtrise du créole antillais très appréciée

Informations complémentaires

- Participation employeur à la Prestation Santé ministérielle obligatoire

- Possibilité de bénéficier de titres-restaurant

- Télétravail possible dans le cadre du règlement en vigueur (après 3 mois de prise de poste).

Caractéristiques du poste et lieu d’affectation

Il s'agit d'un contrat de travail de droit privé, en contrat d’apprentissage pour une durée déterminée de 24 mois, à temps complet, en alternance (3 jours à l’Établissement et 2 jours à l'Université).

Le poste est à pourvoir à partir du 1er octobre 2026. Il est localisé à Basse-Terre (Guadeloupe).

La rémunération mensuelle brute est calculée selon l’âge de l’apprenti.e au moment de son embauche et de l’année d’exécution de contrat.

La politique des ressources humaines du Conservatoire du littoral vise à garantir un recrutement respectueux des principes de non-discrimination et de diversité. Ainsi, les candidats reconnus travailleurs handicapées peuvent accéder à cet emploi.

Le poste implique des déplacements fréquents sur le terrain, notamment à Les Abymes, Morne-à-l’Eau, Sainte-Rose et Petit-Bourg.

Le permis B est indispensable.

Dépôt des candidatures

Les dossiers de candidature (CV, lettre de motivation dans un même fichier PDF) sont à déposer au plus tard le 30 mai 2026 sur le site internet du Conservatoire www.conservatoire-du-littoral.fr – rubriques offres d’emploi.

Renseignements sur le poste

Médhy BROUSSILLON, délégué adjoint Outre-mer, chargé des rivages français d’Amérique

m.broussillon@conservatoire-du-littoral.fr – 0590 81 59 52

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