POINTE DU BRICK

Les landes du Brûlé est un massif de 330 hectares recouvert, à partir de mars, d’un somptueux tapis rose et or de bruyère et d’ajonc. À vrai dire, plusieurs sortes de bruyère, et plusieurs ajoncs, auxquels s’ajoute le lumineux genêt maritime. Ici, on domine la mer, et partout, la vue est magnifique. D’un côté, l’anse du Brick. De l’autre, le clocher de Maupertus. Et tout autour, parmi de pesants blockhaus, le tapis « buissonnant » aux bruyères multiples.

Ces landes, bien que connectées au littoral physiquement ou par la perspective paysagère qu’elles offrent au visiteur, constituent une entité propre qui nécessite une gestion spécifique et différenciée des autres terrains. Elles présentent des faciès divers selon leur exposition. Rases lorsqu’elles sont exposées aux vents, elles s’élèvent dans les vallons. Un boisement bien constitué domine l’ensemble et vient même occuper la valleuse principale jusqu’à proximité de la mer.

La faune

Les inventaires ont révélé dans les landes du Brick la présence de chiroptères protégées (chauves-souris) tel le grand rhinolophe et le grand murin dans les landes du Brick.

La flore

La lande du Brûlé est un endroit où l’on trouve pratiquement toutes les variétés de bruyère : la bruyère à balai, qui peut parfois atteindre deux mètres de haut, presque exclusive à ce site en Basse-Normandie. La callune, dite encore fausse bruyère, petite, aux jolies fleurs lilas en forme de grelot. La bruyère cendrée, qui signale, comme la callune, une zone sèche. Enfin, dans les secteurs de transition entre le sec et l’humide, la bruyère ciliée, une rareté, protégée au niveau régional, et également présente sur la lande de Lessay. Mais on trouve aussi la bruyère à quatre angles, amie des zones trempées, et la bruyère vagabonde, la bien-nommée, puisque c’est une bruyère qu’on voit surtout en Bretagne à Belle-Île et dans l’île de Groix et qui a été repérée ici depuis seulement trois ou quatre ans, d’ailleurs en très petit nombre.

On notera en passant un charme supplémentaire de la bruyère cilliée : en février, quand tout est gris autour d’elle, on repère de très loin ses fleurs devenues intensément rousses, et qui éclairent alors une lande un peu triste.

La Pointe du Brick fait partie des sites d’intervention du Conservatoire du littoral. Les terrains acquis sont remis en gestion au Syndicat Mixte des espaces littoraux de la Manche (SyMEL). Un garde du littoral est affecté à ce site. Il a en charge le gardiennage, l'entretien et le suivi scientifique, ainsi que les relations avec les usagers locaux.

La Pointe du Brik dispose de mesure de préservation depuis 1990, date à laquelle a été rédigé le 1er plan de gestion. Il s’agit d’un document cadre, un guide, donnant les orientations d’aménagements et de gestion pour protéger ce site naturel.

Reconquise au fil des ans, après l’abandon progressif de l’activité pastorale, la lande de Brûlé porte bien son nom. Par deux fois, en 2000 et en 2006, elle a été la proie des flammes, ainsi 80 hectares ont ainsi été ravagés. La lande est désormais soumise à une gestion attentive, qui combine trois types d’interventions. Le pâturage, assuré par un troupeau de 30 chèvres et par quatre poneys Exmoor. La coupe, le broyage et l’évacuation, effectués par une machine capable de broyer des ajoncs parfois très épais. Enfin, le brûlis, pratiqué selon la tradition, et qui procure aux animaux de quoi brouter de jeunes pousses tendres. Comme toutes les landes, le site présente une belle diversité biologique et il abrite flore et espèces animales remarquables.

Par ailleurs, la Pointe du Brick est aussi inclus dans l’enveloppe de la zone écologique d’intérêt européen au titre de Natura 2000 s’intitulant « Caps et marais arrière-littoraux de Barfleur au Cap Lévi ».

Par ailleurs, au sein du projet LiCCo (Littoraux et Changements Côtiers), la pointe du Brick fait partie du site pilote du val de Saire. Ce projet est mené pour une durée de trois ans (2011-2014), il vise à accompagner les populations côtières pour comprendre, se préparer et s’adapter aux effets du changement climatique, de l’élévation du niveau de la mer et de l’érosion sur leur littoral. La Délégation Normandie du Conservatoire du littoral veille à sa coordination en France. Le val de Saire est soumis à des phénomènes d’érosion réguliers qui provoquent des brèches dans les cordons dunaires et parfois des intrusions marines. Au niveau des marais rétro-littoraux, une réflexion se met en place pour proposer des mesures de gestion adaptées à l’évolution naturelle de ces milieux, notamment par la gestion des niveaux d’eau, de la salinité via des ouvrages hydrauliques (nô). Les enjeux actuels et futurs reposent sur les perspectives de gestion du trait de côte, des marais arrière-littoraux, de l’évolution des usages, des perspectives agricoles et des paysages.

Téléchargez le plan de gestion.

Situé à une dizaine de kilomètre à l’est de Cherbourg, le site de la Pointe du Brick est dominé par la lande, notamment par la lande dit « du brûlé »

La lande du Brûlé a longtemps été un terrain militaire, il n’a été récupéré qu’en 1990 par le Conservatoire du littoral. C’est d’ailleurs pour l’agrandissement d’une piste d’atterrissage voisine que la carrière avait été mise en exploitation. L’un des nombreux blockhaus qui parsèment la lande, le plus grand, présente une particularité : construit par l’armée française dans les années 30, il ne fut jamais achevé.

Il se signale par la différence d’architecture, et surtout d’épaisseur : le béton des blockhaus allemands mesure plus d’un mètre d’épaisseur, celui du français ne fait que 30 centimètres. Il avait été conçu comme poste de commande avec vue sur la rade de Cherbourg. Pendant l’Occupation, l’armée allemande n’a pas manqué de l’utiliser.

Vous pouvez aussi passer un séjour unique dans ce lieu insolite entre terre et mer, le long du sentier des douaniers (GR 223) au fort du cap Lévi. Propriété du Conservatoire du littoral, ce fort napoléonien, ayant participé à la défense de la rade de Cherbourg, est géré par le service des sites et des musées du Conseil général de la Manche.

Entre pinède et mer, voyage au cœur d’une lande vallonnée. Un parcours dans des milieux diversifiés qui démontre l’intérêt floristique et paysager de ces landes sèches et humides aux milieux très imbriqués.

Il existe sur ce site des possibilités d'hébergement.

Téléchargez la fiche du gîte Moulin Cardin

Téléchargez la fiche du gîte Fort du cap Lévi

Carte d'identité du site

Commune(s) : CARNEVILLE (50) , FERMANVILLE (50) , LE ROZEL (50) , LONGUES-SUR-MER (14) , MAUPERTUS-SUR-MER (50) , VAINS (50)

Surface protégée : 401.74 hectares

Protégé depuis : 1987

Nombre d'actes d'acquisition signés : 161

Ouvert au public

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Les gestionnaires

symel

Les partenaires

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