Patrimoine bâti

Doctrine du Conservatoire du littoral

Une mémoire des lieux

Si le Conservatoire a pour mission principale d'acquérir des espaces naturels, l'expérience a montré que, sur notre littoral, de nombreuses traces des activités humaines passées sont présentes sur les sites. Lorsqu'elles rappellent la mémoire des lieux et permettent de mieux comprendre comment s'est construit le paysage, elles méritent d'être sauvegardées et mises en valeur. Mais, chaque fois que des bâtiments ou des équipements n'ont pas d'intérêt historique ou culturel, et ne sont pas indispensables à la gestion du site, ils sont détruits. La démolition de constructions disgracieuses ou implantées sans respect du cadre et de l'équilibre naturel peut même être une justification de l'intervention du Conservatoire. L'analyse détaillée des éléments bâtis présents sur les sites doit être effectuée préalablement à l'acquisition, pour déterminer s'ils doivent ou non être conservés, et, s'ils doivent l'être, évaluer les conditions dans lesquelles ils pourront être remis en état et entretenus.

En savoir plus

- Catalogue illustré des monuments historiques

- Lignes directrices – Mise en œuvre d’un projet de gestion et de valorisation du patrimoine bâti maritime (réalisées dans le cadre du projet MED-PHARES « Stratégies de gestion intégrée pour la mise en valeur du patrimoine des phares, sémaphores et balises de la Méditerranée», financé par l’Union Européenne / Programme IEVP CT Bassin Maritime Méditerranée)


Les règles de la gestion du patrimoine bâti

Un grand nombre de bâtiments sont indispensables à la gestion du site et sont affectés à cette fin : sièges d'exploitations agricoles, centres d'accueil et d’exposition pour les visiteurs, logements pour les gardes ou les exploitants. Ces utilisations ne sauraient cependant justifier à elles seules la conservation d’éléments bâtis qui portent manifestement préjudice au site.

Lorsqu'il est établi que certains bâtiments méritent d'être conservés, en raison de leur valeur historique, architecturale ou culturelle, alors même qu'ils n'ont pas d'utilité immédiate, le Conservatoire et le gestionnaire recherchent des solutions permettant leur restauration et leur utilisation dans le cadre de la gestion patrimoniale du site.

Sont privilégiés, dans un contexte où la pression foncière réduit les usages sociaux du littoral, les modes d'utilisation concourant à l'intérêt général, en convergence avec la mission de service public du Conservatoire : centres de formation, sièges de fondations ou d'associations d'intérêt public, ateliers accueillant des artistes pour des séjours de courte durée, implantations scientifiques, classes de patrimoine, etc. Les projets à caractère muséographique ou pédagogique ne sont retenus que dans la mesure où leurs charges de gestion, toujours élevées, ont été préalablement étudiées avec soinavec le gestionnaire.

En l'absence de projets publics, des conventions de longue durée avec des particuliers peuvent être étudiées dans un cadre partenarial et suivant un cahier des charges rigoureux assurant la qualité des aménagements et un usage d'intérêt général, partiel ou périodique (appui à l'action du gestionnaire, partiicipation aux journées du patrimoine,...). De manière générale, toutes les précautions doivent être prises pour éviter la constitution de droits commerciaux et le risque de débordement sur le site lui-même. De ce point de vue, il convient d'apprécier la capacité d'accueil du site, comme le caractère ou "l'esprit" des lieux pour définir les activités autorisées.

Toute construction nouvelle est proscrite. Toutefois, l'implantation d'un bâtiment nécessaire à la gestion peut être exceptionnellement envisagée, par exemple pour faciliter l'activité agricole et dans le respect des contraintes définies par la Loi Littoral de 1986 et ses décrets d'application. Il doit alors s'agir soit d'une reconstruction ou d’une extension mesurée à partir de l'existant aussi bien intégrée que possible au site, soit d'installations légères et démontables ne présentant pas de caractère irréversible. La qualité architecturale et paysagère est alors une exigence très forte.