SPANU

La pointe de Spanu ferme au nord le golfe de Calvi. Si son relief est plutôt doux, couvert d’une végétation arbustive assez basse, son pourtour est une côte rocheuse très découpée et parfois abrupte, ponctuée de quelques plages de sable et de galets… Cet espace, dont 65 hectares sont protégés par le Conservatoire du littoral, conserve un aspect très naturel. Balayée par le vent du sud-ouest, le libecciu, la pointe de Spanu est couverte d’un maquis bas d’où émergent çà et là les vestiges d’activités passées : anciens murets, paghliagji (paillers), tour génoise.

Les boules érodées de granite, qui forment parfois des taffoni, ajoutent au caractère naturel et pittoresque du site : Spanu est une étonnante respiration naturelle au sein du littoral balanin qui offre un contraste saisissant avec l’imposant complexe touristique voisin de Sant’Ambrogio et ouvre une vue magnifique sur la Revellata et le golfe de Calvi.

Habitats et flore

Les replats proches de la mer sont couverts d’une végétation rase, parfois clairsemée, typique des zones très exposées aux vents et aux embruns. La bruyère marine y côtoie le plantain corne-de-cerf. Le maquis bas est dominé par le ciste de Montpellier, le myrte et le lentisque. D’importantes surfaces sont couvertes de griffe de sorcière, espèce exotique envahissant les espaces littoraux, éliminant les plantes locales et modifiant la chimie des sols.

Quelques raretés botaniques se plaisent sur la pointe, tel l’arum mange-mouches et une sous-espèces « à feuilles charnues » du séneçon à feuilles de marguerite.

Faune

L’îlot Spanu, à l’extrémité de la pointe, accueille une belle colonie de goélands leucophée : une dizaine de couples s’y reproduit chaque année. Le couvert végétal de cet îlot s’est fortement réduit au cours des 40 dernières années, sans que l’on en connaisse les raisons : peut-être une colonisation temporaire par un population de lapins ? Quoi qu’il en soit, cette raréfaction végétale n’est pas favorable à la faune.

Par le passé, le Conservatoire a mis en œuvre des travaux conséquents sur la Punta di Spanu : outre l’arasement du lotissement et des bâtiments de la carrière de granite, de grandes campagnes d’arrachage de griffes de sorcière ont été menées, suivies de replantations d’immortelles, myrte, lentisques et tamaris. Les stigmates des essais manqués d’urbanisation de la pointe aujourd’hui oubliés, le site mérite à nouveau d’être pensé en lien avec la commune de Lumiu, très attachée à cet espace naturel qui reste un lieu d’évasion accessible à tous.

L’intérêt floristique de Spanu a justifié la création d’une ZNIEFF

La gestion est assurée par les gardes du littoral de la Collectivité de Corse.

La pointe de Spanu est restée vierge d’habitations pendant des siècles : située à proximité de Calvi, elle en était un espace agricole. Les murets de pierre sèche et paillers rappellent que l’on y cultivait des céréales et faisait paître des troupeaux de chèvres et de moutons. La petite tour génoise, bâtie à la même époque que celle de l’Ile Rousse, est l’une des premières du littoral corse : elle devait protéger les abords de la ville génoise de Calvi. Pendant quelques temps, une carrière de granite a été exploitée sur la pointe, au lieu-dit Murraciolu.

À la fin du XXe siècle, de grands projets immobiliers sont envisagés sur la pointe et dans la marine de San Ambroggio voisine, prévoyant un lotissement, une station du Club Med et un golf.  L’acquisition de terrains par le Conservatoire du littoral depuis 1982 a mis fin à l’urbanisation de Spanu : Les maisons-témoin du futur lotissement ont été rasées et la pointe rendue à la nature.

Une route goudronnée permet d’accéder à un parking aménagé  situé à l’extrémité de la pointe. Le projet d’aménagement du site partagé avec la commune de Lumio prévoit le recul de cette aire de stationnement plus à l’intérieur des terres et la création de cheminements d’accès à la plage.

Réglementation sur les terrains du Conservatoire du littoral : le camping, le bivouac, les feux, les dépôts de déchets et la circulation des véhicules à moteur sont interdits.

Carte d'identité du site

Commune(s) : LUMIO (2B)

Surface protégée : 65.55 hectares

Protégé depuis : 1982

Nombre d'actes d'acquisition signés : 8

Balade Ouvert au public

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