LANN AR WAREMM

Implantée sur un réseau d’anciennes parcelles agricoles en friches depuis plusieurs dizaines d’années, la jeune forêt de Lann ar Waremm couvre, à proximité de la mer, près de 300 hectares. Elle représente le massif forestier le plus vaste du Trégor littoral. Son nom français de “landes à garennes” exprime bien l’atmosphère sauvage qui y règne depuis la déprise agricole survenue dès la fin de la seconde guerre mondiale. Ces terres, abandonnées progressivement, ont été peu à peu gagnées par une végétation spontanée qui témoigne d’un modèle de régénération naturelle. Couverte de landes, de boisements hétérogènes et parcourue çà et là de prairies, la forêt de Lann ar Waremm présente une diversité de milieux remarquables. De nombreuses zones de lisières, particulièrement riches en espèces végétales et animales, lui confèrent une diversité biologique originale. Tour à tour baignée de lumière, tamisée ou assombrie suivant la nature et la densité de ses peuplements végétaux, elle enfonce ses racines dans une terre argileuse et humide. Au nord, dans le secteur de Kerbiquet, un relief vallonné façonne un paysage dynamique qui rompt avec les lignes plates des grandes étendues du plateau. Fréquentée à la fois sur ses chemins balisés par une population riveraine et au détour de ses sentiers buissonniers par une faune discrète, Lann ar Waremm est un lieu où le civilisé et le sauvage se côtoient à quelques pas de distance.

La flore

Les landes constituent à Lann ar Waremm des habitats de transition où bruyères, callunes et ajoncs se répartissent selon le degré d’humidité des sols. Sur les terres gorgées d’eau, bruyères des marais et bruyères ciliées couvrent de petites étendues. De juin à août, le nectar de leurs fleurs roses attire les abeilles à longue trompe. La callune, plante médicinale riche en flavones et en tanins, colore d’une douce teinte violette les clairières et les sous-bois aérés. Sur les sols plus secs, en compagnie de l‘ajonc d’Europe, s’étend la bruyère cendrée. Chênes pédonculés et bouleaux se partagent les zones humides et fraîches de la forêt. Ils apportent l’ombre nécessaire à la croissance de la consoude tubéreuse, appréciée par les esthètes pour ses qualités ornementales. Osmondes royales, polypodes et autres fougères poussent sur les talus plantés de châtaigniers tandis qu’en bordure des talwegs et des rupts, les polystics atlantiques, plantes rares et protégées, répandent leur bonne odeur de foin coupé. La grassette du Portugal, plante carnivore, colonise les secteurs tourbeux. Sur ses larges feuilles, de minuscules glandes sécrètent un suc visqueux contre lequel les insectes viennent se coller, s’engluer et périr, impitoyablement digérés. Une population de houx aux dimensions impressionnantes confère au bois de Lann ar Waremm une particularité exceptionnelle. Dans tous ces milieux, poussent de très nombreuses espèces de champignons qui, à l’exemple des coulemelles ou des girolles, jaillissent de terre en quelques heures.

La faune

Bien que la forêt de Lann ar Waremm soit constituée de jeunes peuplements, elle n’en est pas moins un paradis pour la faune sauvage. Dans cet espace de déprise aux repères flous pour les hommes, les chevreuils ont marqué leurs territoires de leurs broutis et grattis. Sous les épaisses frondaisons luisantes des houx, leurs couches, encore chaudes de leur présence, sont tapissées de poils. De nombreux oiseaux nichent ou hivernent sur le site. Le pic noir a élu domicile dans le tronc des grands arbres des futaies de hêtres ou de conifères. De son bec puissant, il creuse dans le bois un nid de forme ovale où, le moment venu, après un rituel immuable, il relaiera sa compagne durant l’incubation. Figé dans la lande tel un caméléon, l’engoulevent d’Europe attend le crépuscule pour se mettre en chasse. Les bécasses des bois, elles aussi invisibles sur leurs tapis de feuilles mortes, peuvent se reposer en toute tranquillité. Reines du mimétisme, elles ne répandent aucune odeur détectable à plus d’un mètre et leur champ visuel couvre à l’horizontal 360°. Chaque année, de retour du nord de l’Europe où elles se sont reproduites, elles viennent passer l’hiver ici. Le jour, elles s’abritent dans les sous-bois ; la nuit, elles parcourent les prairies à la recherche de vers de terre.

Lann ar waremm, situé sur les territoires des communes de Trébeurden et Pleumeur-Bodou, est un site qui connaît une fréquentation importante. Véritable poumon récréatif de fin de semaine pour les populations locales, il reçoit tout au long de l’année la visite de multiples utilisateurs qui se partagent l’espace en fonction de leurs activités. Promeneurs, sportifs, groupes scolaires, chasseurs et faune sauvage cohabitent dans des rapports contrastés. Acquis par le conservatoire du littoral à partir de 1979 et co-géré en partenariat avec la commune de Pleumeur-Bodou, la Communauté d’Agglomération Lannion-Trégor et l’Office National des Forêts, le bois de Lann ar Waremm fait l’objet d’interventions concertées qui concilient gestion de l’espace et actions de sensibilisation. Afin de maintenir la diversité des milieux et préserver le patrimoine biologique, des fauches rotatives et des coupes sélectives sont programmées régulièrement. Un réseau de chemins est entretenu par les communes. Un sentier d’interprétation, réalisé ces dernières années, permet aux enfants des écoles et aux promeneurs de découvrir le milieu forestier. Pour que le bois de Lann ar Waremm continue à respirer de toutes ses essences, concilions les usages dans le respect de son intégrité.

En Bretagne, depuis l’intensification de la production agricole issue de la mécanisation d’après guerre, de nombreuses terres difficilement accessibles, aux sols pauvres ou humides ont été abandonnées. Ce fut le cas à Lann ar Waremm. Encore aujourd’hui quadrillé de plus de quarante kilomètres de talus, ce parcellaire témoigne de pratiques agricoles séculaires où pâturages, prairies de fauche et productions vivrières se répartissaient jadis l’espace. De petites exploitations familiales, où chaque membre de la famille jouait un rôle, ont peu à peu disparu du paysage bocager. Quelques traces d’un passé plus lointain subsistent dans la partie nord du bois où l’on découvre une levée de terre circulaire, vestige d’un ancien enclos féodal. Sur cette élévation d’une cinquantaine de mètres de diamètre, haute de plus d’un mètre, une végétation caractéristique des sols plus secs s’est installée. C’est dire si l’activité des hommes peut conditionner un milieu, bien au-delà de la durée de leurs ouvrages. Le site a aussi sacrifié un temps aux campagnes de plantations de résineux dont il subsiste par endroits des bosquets. Parallèlement, le houx s’est développé sur l’ensemble du domaine. Un bois précieux se cache sous son écorce.

Site de la Région Bretagne :  www.bretagne-environnement.org

 

Mairie de Pleumeur-Bodou

3, place du bourg

22560 Pleumeur-Bodou

Tel. 02.96.23.91.17 Fax : 02.96.23.93.07

mairie.pleumeur-bodou@fr.oleane.com

 

Communauté d'Agglomération Lannion-Trégor

www.lannion-tregor.com

 

Mairie de Trébeurden

7 & 9 rue des plages

22560 Trébeurden

Tel. 02 96 15 44 00 Fax : 02 96 15 40 03

mairie-trebeurden@wanadoo.fr

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Carte d'identité du site

Commune(s) : PLEUMEUR-BODOU (22) , TREBEURDEN (22)

Surface protégée : 306 hectares

Protégé depuis : 1982

Nombre d'actes d'acquisition signés : 25

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