PINIA

Au sud d’Aleria, à proximité immédiate de l’étang d’Urbinu qu’elle touche, Pinia est la seule forêt naturelle de pins maritimes sur le littoral corse. Cette forêt de jeunes arbres se déploie le long d’une grande plage de sable blanc, offrant un paysage typiquement méditerranéen devenu rare : la mer, le sable, les pins maritimes. Au nord du site, quelques petits marais et pozzi (marais salés) apportent une touche de diversité.

Pinia, véritable petit poumon forestier pour la côte orientale, est un site très attractif et bien connu des estivants. La partie communale de la forêt accueille un parcours sportif.

Flore

Le pin maritime est l’espèce dominante de cette jeune forêt, suite à la régénération naturelle qui a suivi le dernier incendie. Près de l’étang d’Urbinu, les chênes verts se mélangent aux pins maritimes et à quelques espaces de maquis dense. Les pozzi et marais abritent la végétation typique de ces milieux, repérables notamment à la présence de saules, aulnes et peupliers blancs. Leurs berges abritent la rare cresse de Crête et la floraison spectaculaire de l’hibiscus à cinq fruits. Les genévriers à gros fruits (espèce protégées) poussent sur les dunes et le lido de l’étang.

Faune

Peu de grands mammifères dans cette forêt jeune, surtout des oiseaux forestiers, parmi lesquels on peut surtout mentionner le pic épeiche. La proximité de l’étang d’Urbinu, véritable nurserie pour les poissons et, par ricochet, vraie aubaine pour les oiseaux qui viennent s’y nourrir, fait de la réserve biologique forestière de Pinia un petit paradis des oiseaux : 47 espèces y ont été recensées. Dans cette ambiance forestière, discrètes belettes et silencieuses tortues d’Hermann  côtoient des espèces qui aiment se faire entendre, grenouilles, alouettes lulu ou fauvettes au chant léger.

Aujourd’hui, une nouvelle menace frappe la forêt : l’arrivée de la cochenille du pin, qui a décimé le littoral provençal dans les années 1970. La cochenille s’attaquant aux grands sujets, l’avenir de la pinède est menacé à court terme (2 à 15 ans ?). Les pins, devenus suffisamment grands, vont être attaqués par l’insecte et mourir, puisqu’il n’existe pas de traitement. Ainsi, le Conservatoire anticipe sur cette disparition prochaine en pratiquant des éclaircies qui favorisent d’autres espèces forestières, notamment les chênes, non vulnérables à la cochenille du pin. La banque de graines naturellement présente dans le sol et les espèces du maquis présentes en sous-bois  suffisent à diversifier le couvert forestier.

Un autre volet de la gestion est celui de l’accueil des estivants, sportifs, promeneurs sur le site. Des pistes sauvages malmènent la continuité des espaces forestiers. Un projet de réaménagement global du site est en cours, afin de répondre au mieux aux exigences de conservation et aux nouvelles pratiques, course à pied, VTT, etc.

ZNIEFF Boisements et brousse littorale de Casabianda à Pinia 

Les 400 hectares de la forêt actuelle sont la relique d’une forêt trois fois plus grande qui couvrait une grande part de l’actuel domaine de Pinia. Possession génoise au XVIIe siècle, puis de la nation Corse au XVIIIe et enfin de la France, Pinia fut un lieu d’exploitation forestière intensive jusqu’au XIXe siècle. Abandonnée pendant plusieurs décennies aux chasseurs et aux éleveurs de Ghisoni , Pinia attire les convoitises au XXe siècle :  en 1973, un grand programme envisage d’y construire plus de 20 000 lits touristiques avec vue sur mer… avant d’être abandonné face au désaccord local. C’est dans cette forêt qu’a été tué le dernier cerf de Corse, en 1968. Les cerfs actuels sont les descendants d’individus réintroduits à partir de la Sardaigne.

Comme tant de forêts méditerranéennes, Pinia a brûlé de nombreuses fois, à un rythme pouvant aller de deux à trois fois par siècles. Le milieu naturel s’est adapté à ces incendies récurrents : le pin, espèce pionnière qui recolonise les espaces brûlés, est devenu l’espèce quasi-unique de cette forêt auparavant davantage diversifiée, lorsque les pins, suffisamment grands, pouvaient laisser la place aux espèces qui le suivent dans le cycle naturel de la pinède littorale.

Pinia est donc aujourd’hui une jeune forêt naturelle de pins, au stade du gaulis – perchis, composée d’arbres qui ont en moyenne entre 15 et 20 ans. C’est un espace récréatif aux portes de Ghisonaccia, ouvert à de nombreuses pratiques et qui protège la plage qui la borde.

L’accès à Pinia se fait via la RT 10 au sud de Ghisonaccia puis la D144 en direction de Perla di Mare. Plusieurs stationnements permettent de laisser son véhicule pour s’engager à pieds dans la forêt.

Réglementation sur les terrains du Conservatoire du littoral : le camping, le bivouac, les feux, les dépôts de déchets et la circulation des véhicules à moteur sont interdits en dehors des pistes autorisées.

Carte d'identité du site

Commune(s) : GHISONACCIA (2B)

Surface protégée : 362.78 hectares

Protégé depuis : 1983

Nombre d'actes d'acquisition signés : 2

Balade Ouvert au public

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