KERYONDRE - KERCADORET

A la limite ouest du golfe du Morbihan, deux rivières (celles de Crac'h et de Saint Philibert) définissent une presqu'île en se jetant dans la baie de Quiberon.

C'est sur ce littoral de la côte des mégalithes, entre La Trinité sur Mer et Locmariaquer, que s'étend la commune de Saint-Philibert. Située dans une région riche de son histoire et de ses vestiges, Saint Philibert, outre de nombreux mégalithes, nous offre un trésor de toute autre nature.

Abritée des vents dominants de sud-ouest par la presqu'île de Quiberon et par les îles du sud (Belle-île, Houat, Hoëdic), la nature présente de multiples facettes. Ici, se côtoient étang, anses sableuses, bois de pins et promontoire rocheux. Cette diversité de milieux, dans un espace aussi restreint permet l'implantation de nombreuses variétés botaniques protégées et sert d'habitat à diverses espèces d'oiseaux.

Au centre du site, l'étang de Kercadoret est un plan d'eau qui, au fil des années, tend à se combler. Pourtant, comme toutes les zones humides du bord de mer, cet étang revêt une grande importance pour la reproduction et la nidification des oiseaux.

Au sud-ouest du site, on peut apercevoir le Fort de Kernevest, ouvrage militaire du 19e siècle.

A l'est, dans le prolongement de l'anse sableuse de Tréhen Ar Vour, une langue de terre s'avance vers la mer pour former la presqu'île de Men er Bellec. La légende rapporte que c'est sur ce piton rocheux, dont le nom breton signifie « le rocher du prêtre », qu'un ecclésiastique pourchassé pendant la révolution aurait trouvé refuge. Ses poursuivants, persuadés que les flots emporteraient le fugitif, n'auraient pas insisté, laissant leur victime à son triste sort. Ils ne savaient pas que ce roc reste découvert à marée haute.

La flore 

Les caractéristique méridionales du climat ainsi que les échanges entre terre et mer, ont déterminé de multiples habitats sur le littoral de Saint Philibert. C'est donc un site de grand intérêt botanique. Parmi les espèces les plus remarquables, on distingue : l'armérie maritime pour la végétation de rocher ; le panicaut de mer, l'euphorbe du littoral, la linaire des sables, l'oeillet, la bartsie pour les zones dunaires ; la scirpe, l'orchis à fleurs lâches pour les zones humides. Plusieurs espaces boisés sont également visibles sur le site. Certains, comme les pinèdes situées sur les cordons littoraux, sont des plantations récentes datant des années 1960. Trois types d'arbres y sont représentés, le pin de Monterey, le pin maritime ainsi que le cyprès de Lambert. Une autre essence, le chêne vert sub-spontané, profite du climat particulièrement doux pour se développer dans le bois de Keryondre.

La faune

L'intérêt ornithologique du site résulte de la mosaïque d'habitats et d'un effet lisière élevé. Ce lieu, pour l'avifaune, répond à de multiples besoins : alimentation, nidification, postes de chant, repos, réservoir d'eau douce. Aussi, le nombre d'oiseaux de passage et d'oiseaux sédentaires est exceptionnellement élevé tant en période de reproduction que pendant la saison internuptiale.On recense sur le site de nombreux couples de passereaux (fauvettes, hirondelles, grives, bruants... ), ainsi que des oiseaux d'eau (hérons, canards colvert, foulques macroules, poules d'eau).A l'approche de l'hiver, vous aurez peut être le privilège d'apercevoir certaines espèces migratrices telles que les sarcelles d'hiver, les canards souchet, les fuligules.

Tout site naturel est sensible à la fréquentation du public. Le maintien des équilibres écologiques tient au respect des sentiers et des aires de stationnement, et la pratique du VTT y est de façon générale, interdite.

 Depuis 1988, le Conservatoire du littoral a acquis 28 hectares (sur un programme d acquisition de 44 hectares) d un paysage côtier de grande valeur qu il s agit historiquement de préserver. L orientation économique de cette frange littorale vers le tourisme a entraîné une surfréquentation du site. Les cheminements diffus et le piétinement ont contribué de façon importante à la dégradation des cordons dunaires et du sol au niveau des pinèdes.

C'est pourquoi, afin de conserver la diversité naturelle du site, des actions ambitieuses de réhabilitation ont été engagées. Certains travaux ont été menés comme la suppression du camping en bordure du littoral et de certains cheminements, le déplacement d exploitations ostréicoles, l organisation de l accueil du public et la mise en valeur paysagère

 La gestion du site est assurée par la commune de Saint Philibert, par convention avec le Conservatoire du littoral. Le département du Morbihan aide à la restauration et à l aménagement du site.

Sur sa frange littorale, la commune de Saint-Philibert recèle peu de témoins historiques remarquables, mis à part à l extrémité sud-ouest où l on peut apercevoir le Fort de Kernevest. Il s agit d une ancienne batterie édifiée en 1860 par les armées de Napoléon III. C'était alors un endroit stratégique, qui constitue toujours aujourd hui un très bon observatoire naturel. C'est d ailleurs de cette vue imprenable que lui vient son nom. Il dérive en effet de la forme Ker en Arvest qui signifie « le hameau de l'observatoire » en breton.

L'ostréiculture

L'ostréiculture a longtemps constitué la principale branche économique de la région.

En 1959, on dénombrait encore une soixantaine d exploitations ostréicoles installées sur la rivière de Saint Philibert et dans l anse de Tréhen ar Vour. L essentiel de la production était assuré par l'huître plate jusqu à l apparition d une maladie qui a décimé les gisements naturels à la fin des années 1970. L'huître creuse est alors devenue prépondérante.

Sur la D 781, entre Carnac et Locmariaquer, prendre la D 28 en direction de Saint Philibert. Ensuite, longez la côte de la pointe de Mer er Bellec jusqu au fort de Kernevest.

 

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Carte d'identité du site

Commune(s) : SAINT-PHILIBERT (56)

Surface protégée : 31.44 hectares

Protégé depuis : 1991

Nombre d'actes d'acquisition signés : 31

Ouvert au public

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