LES MATTES DE PALADON

Ce site naturel des marais du Bas Médoc, bordé par l’estuaire de la Gironde, a été façonné par l’homme depuis plusieurs siècles et les activités humaines y sont fortement ancrées. Elles cohabitent avec une faune et une flore de grande qualité, protégées ou rares.

Le terme matte désigne des terres gagnées sur l’estuaire, drainées et cultivées depuis le XVIIIème siècle. Un réseau de fossés collecte les eaux douces vers des chenaux avant d’être évacuées dans l’estuaire de la Gironde (chenal de Talais, chenal de Neyran).

Le site s’organise autour de trois paysages : la façade estuarienne avec les bassins conchylicoles, les mattes, paysage « horizontal » de basses terres formées de parcelles larges ponctuées de quelques arbres isolés ou bosquets, généralement cultivées, perpendiculaires au littoral  et enfin les palus et marais, paysages de bocage fermés par des haies.

La digue côtière permet à la fois de porter le regard au loin, au de-là de l’estuaire vers les rives de Saintonge, et d’appréhender les nuances du patrimoine paysager local. Une digue de repli constitue la limite des eaux saumâtres.

Les grues du Port du Verdon surgissent au loin de ce paysage horizontal et indiquent au visiteur qu’une activité économique internationale transite par cette zone.

Le site joue un rôle essentiel dans l’accueil d’oiseaux lors des haltes migratoires par sa proximité d’un axe de migration qui passe par la Pointe de Grave.

La diversité des milieux, ouverts, aquatiques ou humides favorise la présence d’une faune remarquable. Le réseau bocager (prunellier et tamaris) et la présence de prairies, fauchées ou pâturées, constituent une mosaïque d’habitats favorable au stationnement et à la reproduction de plusieurs espèces d’oiseaux tels les Vanneaux huppés et Pluviers dorés, ou bien encore des rapaces comme le Busard des roseaux.

Les nombreuses mares du site abritent plusieurs espèces d’amphibiens telles le Triton marbré ou le Pélodyte ponctué, ainsi qu’une belle population de Cistude d’Europe.

Enfin, les bassins qui ont été préservés lors des travaux de restauration, hébergent de nombreuses espèces patrimoniales telles la Renoncule de Baudot, la Ruppie maritime, la Zannichellie des marais et le Polypogon de Montpellier.

La gestion du site a été confiée en 2012 à l’association CURUMA, labellisée CPIE Médoc.

L’agriculture est l’activité principale du site. Elle est présente sur l’ensemble des mattes ainsi que sur quelques zones de palus. L’élevage est pratiqué uniquement sur les palus.

L’ostréiculture abandonnée à la fin des années 1970 en raison de la contamination des eaux reprend progressivement en Bas-Médoc. Le Conservatoire a réhabilité un local professionnel et restauré les bassins conchylicoles de Neyran. En 2017, un couple d’ostréiculteurs, Flora Leclercq et Hugo Bertigny se sont installés sur la propriété du Conservatoire pour affiner des huîtres dans les bassins. Ils ont reçu la médaille d’or au concours général agricole de Paris en février 2019. Grâce à eux et aux autres fermes aquacoles, l’huître en Médoc reprend vie !

Cette pratique aquacole traditionnelle participe à la sauvegarde de l’espace littoral ainsi qu’au respect du site et de son équilibre écologique.

La chasse est une activité également très importante sur le site, principalement à la tonne, pour le gibier d’eau.

La pêche au carrelet est un peu l’image « mythique » de l’estuaire et les chenaux sont propices à la navigation de petites barques qui relèvent dans leurs filets les crevettes blanches de l’estuaire et autres menu fretin.

 

 

Téléchargez le plan de gestion du site des Mattes de Paladon

 

 Dès le Moyen-âge, la saliculture se développe sur les marais du Bas Médoc. Mais c’est sous le règne d’Henri IV que les premiers grands travaux d’assainissement vont avoir lieu, initiés par les Hollandais que le Duc d’Epernon, alors gouverneur de Lesparre fit venir des 1628. La mise en place d’un système hydraulique va permettre l’installation d’une importante activité salicole. Fin XVIIIème un contexte fiscal défavorable sonnera le glas de cette activité et les marais salants seront remaniés pour la pisciculture.
Au XIX
ème siècle, certaines zones de terres sont endiguées pour favoriser l’agriculture qui se poursuit jusqu’à nos jours, pratiquée de façon extensive sur les propriétés du Conservatoire.

Suite à l’accident de l’usine de Decazeville dans l’Aveyron en 1970, une pollution au cadmium a interrompu l’activité ostréicole pendant plus de 30 ans.

En 2014, les études sanitaires et les résultats bactérios-chimiques ont prouvé que les taux étaient redevenus normaux et que la qualité des eaux permettait à nouveau l’affinage des huîtres dans les bassins. Depuis 2015, l’activité ostréicole a repris sur le site (voir « gestion »).

L’équipe du CPIE propose au fil des saisons, des balades à thèmes, des animations pédagogiques et des découvertes de cet insolite territoire médocain « in medio aquae » : www.curuma.org

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Carte d'identité du site

Commune(s) : SOULAC-SUR-MER (33) , TALAIS (33)

Surface protégée : 374.45 hectares

Protégé depuis : 2003

Nombre d'actes d'acquisition signés : 6

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