OMIGNA

Au nord de Cargèse, le golfe de Peru est fermé au nord par la longue Punta d’Omigna, qui s’avance en mer sur 4 km. Son relief assez doux ne s’élève pas à plus de 64 mètres d’altitude. Sur sa côte nord raide et déchiquetée, les falaises de granite à felsdpaths en dents de cheval, hautes de 40 à 50 mètres, plongent dans les eaux bleues. Elles forment un contraste saisissant avec les plages blondes, toutes rondes, qui occupent le fond des golfes voisins, Peru au sud, Chiuni au nord. Cette face nord de la presqu’île, à l‘umbria (ubac), plus escarpée est occupée par un maquis très dense et plus élevé jusqu’à la plage de Chiuni.

La face sud et le plateau du centre de la presqu’île présentent un relief plus doux avec une mosaïque de maquis bas et dense, d’anciens bouquets d’oliviers et de prairies pâturées parcourues par un réseau de murets en pierre sèche. La végétation balayée par les embruns, les traces d’occupation humaine, la silhouette forte de la tour située à l’extrémité de la pointe, cet ensemble forme un paysage emblématique de la région de Cargèse, protégé depuis bientôt 40 ans par le Conservatoire du littoral.

Habitats et Flore

La végétation dominante du maquis un peu ras reste marquée par le passé agricole du site. Ainsi, de belles pelouses d’immortelles témoignent de la dynamique de reconquête végétale après abandon des cultures et pâtures : résistante aux embruns, très abondante sur les terrains ensoleillés, a murza, comme on la nomme ici, a donné son nom au lieu-dit Murzeta, qu’elle pare de sa floraison jaune au printemps.

En avançant vers la mer, on traverse un maquis de lentisque et myrte, brossé par le vent. La végétation devient de plus en plus rase à mesure qu’on s’approche de la pointe rocheuse où le vent est plus fort. Le paysage devient aussi plus minéral : de mai à juillet, les rochers s’égayent des petites fleurs rose de l’erodium de Corse, géranium sauvage endémique de Corse et de Sardaigne. Le seseli précoce aux ombelles blanches, également endémique, et l’ail des îles complètent le paysage floristique des zones rocheuses. De part et d’autre du site, les plages de Peru et Chiuni, avec leurs dunes, sont un milieu privilégié pour quelques plantes remarquables : l’euphorbe peplis, la matthiole à trois cornes, le diotis maritime, l’épiaire maritime.

 

Faune

Les nombreux murets de la pointe sont un paradis pour les lézards : endémique de Corse et de Sardaigne, le lézard tiliguerta se plaît sur Omigna, où il ne craint que ses prédateurs naturels, faucons et autres oiseaux. De nombreux passereaux profitent des arbustes du maquis : fauvettes sarde et pitchou, roitelet huppé, merle bleu, pipit rousseline, etc. Les falaises littorales abritent les nids d’espèces rupestres, faucon pèlerin pigeons bizet. A leur pied, sous l’eau, la patelle géante, devenue si rare, trouve à s’épanouir.

 

ZNIEFF Punta d’Omigna 

Ce site, l’un des tous premiers acquis par le Conservatoire du littoral, a été préempté en 1977 pour empêcher la construction de 200 villas. Depuis plus de 40 ans, c’est donc un site protégé et aménagé pour en découvrir les richesses naturelles et culturelles. Le petit patrimoine a été préservé et restauré, un sentier permet de le découvrir en parcourant la pointe d’une plage à l’autre. La gestion est assurée par les gardes du littoral de la Collectivité de Corse.

La tour d’Omigna est le vestige architectural le plus ancien de la pointe : elle préexistait à la création de Cargèse, qui n’existait pas quand la tour fut bâtie, sous l’autorité d’Anton Giovanni Sarrola, Orateur du Delà-des-Monts (la Corse du Sud), entre mars et septembre 1605. Payée par les populations des pieve de Paomia, Revinda et Salona, elle faisait partie d’un dispositif de quatre tours (Paomia, Omigna, Orchinu, Capu Rossu) destiné à prévenir les débarquements des Barbaresques sur la côte, les populations habitant les villages à l’intérieur des terres. Après l’installation des Grecs à Paomia en 1676, cette tour ronde de 12 mètres de haut à deux niveaux, avec une terrasse, est gardée par des torregiani grecs : c’est ainsi qu’elle est en 1731 le refuge d’une centaine de Grecs pourchassés par les Corses révoltés contre l’autorité génoise.

Quand les Grecs chassés de Paomia obtiennent l’autorisation de fonder Cargèse, dans les années 1770, ils entreprennent la mise en valeur de la pointe d’Omigna au relief assez doux. Les vieux murets de pierre racontent les anciens usages agricoles : pendant plus d’un siècle, jusqu’à la veille de la Première Guerre Mondiale, la pointe fut couverte de champs de blé et d’orge, que l’on cultivait selon un système de rotation faisant une large place à la jachère afin de ne pas épuiser les sols. La presqu’île était alors divisée en « prese », grandes parcelles ensemencées une année sur deux ou trois. À l’époque des moissons, les céréales étaient battues à l’aide d’une paire de bœufs sur l’aghja, aire plane bordée de pierre : trois aghje sont conservées et restaurées aujourd’hui sur la pointe.

À partir des années 1930, les parcelles, en friche, sont louées aux bergers du Niolu. Il faut deux jours pour descendre les troupeaux depuis Calasima, au mois d’octobre. Les 150 chèvres et 150 brebis ne remontent dans leurs montagnes qu’au mois de mai. Quelques petits caseddi (bergeries) encore debout ou à moitié ruinés, permettaient aux bergers de se loger tandis qu’iles cuisaient leur pain dans le four encre visible à mi-parcours de la presqu’île. À partir des années 1950, ils ne furent plus utilisés que pour fabriquer les fromages, les bergers se logeant désormais à Cargèse. Deux éleveurs de bovins utilisent encore le site aujourd’hui pour le pacage de leur cheptel.

Au départ de la plage de Peru, au sud du site, un sentier balisé longeant les anciens murets en pierre sèche en passant par une belle maisonnette, son four à pain et les aghja, permet de faire le tour de la pointe et d’atteindre la tour génoise logeant . Il faut compter 3 heures de marche pour rejoindre la plage de Chiuni en passant par deux petites fontaines, au nord. Une variante permet de boucler et rejoindre son point de départ. Les promeneurs peuvent accéder à la terrasse supérieure de la tour pour admirer le paysage littoral.

 

Réglementation sur les terrains du Conservatoire du littoral : le camping, le bivouac, les feux, les dépôts de déchets et la circulation des véhicules à moteur sont interdits. 

Carte d'identité du site

Commune(s) : CARGESE (2A)

Surface protégée : 255.74 hectares

Protégé depuis : 1977

Nombre d'actes d'acquisition signés : 6

Balade Monument Ouvert au public

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