SPELUNCA

Bordant à l’est la petite baie où s’est niché le port de Cargèse, la petite pointe de Spelunca est un espace de nature encore très marqué par les aménagements agricoles anciens. Les anciens murets et petites constructions agricoles émergent d’une végétation variée où se mêlent maquis bas, figuiers de Barbarie, oliviers et buissons de calycotomes. Protégée depuis 1982, Spelunca est un espace de nature et d’histoire aux portes de Cargèse. Le petit îlot de Sainte Perpetude situé à quelques dizaines de mètres de la côte au droit du site est couvert de Figuiers de barbarie. Le premier cadastre établi au milieu du XIXème siècle mentionne déjà la présence de cette espèce cultivée. Le haut du petit vallon situé à l’est du site est occupé par un ancien jardin potagé en terrasse avec son bassin d’arrosage et quelques ruines de bâti rural au milieu de quelques majestueux oliviers greffés.

Les milieux naturels mêlent plantes sauvages et plantes issues de la domestication, témoins d’une période de 150 années pendant lesquelles la nature a été très maîtrisée sur la pointe. La partie avancée de la pointe est couverte d’un maquis bas à lentisques et genêts duquel émergent, en s’éloignant de la mer, des figuiers de Barbarie. Les anciennes pâtures, à l’ombre des oliviers, se couvrent d’asphodèles au printemps.

Le site est géré par les Gardes du littoral de la Collectivité de Corse.

Les nombreux murets d’environ 1 mètre de hauteur qui cloisonnent le site racontent un passé agricole, fait de parcelles de céréales, d’oliveraies, de pâtures. Les Grecs, fondateurs de la ville de Cargèse à la fin du XVIIIe siècle, firent de Spelunca un jardin nourricier. Une ancienne aghja, aire de battage du blé, rappelle que les cultures dominantes furent pendant plus d’un siècle les céréales, blé et orge : ces cultures, complétées par le maraîchage et l’élevage de quelques animaux, permettaient une auto-suffisance des familles. Les parcelles étaient mises en jachères tous les deux ans afin de ne pas épuiser les sols. Au début du XXe siècle, les habitants de Cargèse abandonnèrent progressivement ce mode de vie, à l’instar de ce qui se passa alors dans toute la Corse. Redevenues friches, les terres furent transformées en pâtures louées aux bergers du Niolu. À partir des années 1930 et jusqu’aux années 1960-1970, un troupeau de 250 brebis descendait du village de Calasima, au mois d’octobre, en deux jours, pour venir brouter le maquis bas de la pointe. Il remontait au mois de mai passer l’été dans les montagnes. Le four à pain encore visible aujourd’hui était celui du berger, qui cultivait en céréales une petite parcelle lui permettant de fabriquer son pain. Les petites bergeries, utilisés d’abord comme habitations, furent ensuite transformées en casgile, où l’on fabriquait les fromages, tandis que les bergers logeaient à Cargèse.

Le temps des transhumances s’est achevé dans les années 1980. À Spelunca, un petit troupeau de vaches et de brebis a maintenu les pâtures jusqu’à une date récente.

Spelunca est un lieu de promenade pour les habitants de Cargèse, facilement accessible à partir de la route principale. Un petit sentier permet de parcourir la pointe et découvrir son patrimoine.

Réglementation sur les terrains du Conservatoire du littoral : le camping, le bivouac, les feux, les dépôts de déchets et la circulation des véhicules à moteur sont interdits. 

Carte d'identité du site

Commune(s) : CARGESE (2A)

Surface protégée : 8.77 hectares

Protégé depuis : 1982

Nombre d'actes d'acquisition signés : 1

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