POINTE DU GROUIN DU SUD

Le courant de flot étant plus fort que celui de jusant, il entre toujours plus de sédiment qu’il ne peut en sortir. Le comblement est inéluctable. Au rythme des marées, se dépose la tangue. Elle est constituée par une fine couche de sable apportée par le flot puis complétée par un dépôt de particules fines lors de « l’étale » (moment où les courants deviennent nuls avant de s’inverser). Ce sédiment qui enregistre dans sa structure le rythme des marées contient une majeure partie de débris de coquilles calcaires. Autrefois, il faisait l’objet d’une intense activité d’extraction destinée à l’amendement des champs de la région. Autre activité, autrefois intense, la récolte du sel s’est faite sur le haut des grèves jusqu’à la seconde moitié du XIXe siècle.

Le sédiment sursaturé en sel était récolté, lavé puis ensuite séché dans de grandes chaudières selon la technique dite du sel ignifère. Cette technique au rendement faible faisait l’objet, avant la Révolution, d’un régime particulier de gabelle, appelé quart bouillon.

La faune

La pointe du Grouin est également un observatoire privilégié pour les phoques-veaux marins. À marée montante, ils suivent le courant et les bancs de poissons. Ils profitent du goulot d’étranglement qu’impose la pointe aux rivières, pour pêcher à quelques encablures de votre point d’observation. La baie abrite l’une des plus importantes colonies françaises de cette espèce, soit environ une vingtaine d’individus. Ils s’y reproduisent depuis 1997. Ils s’observent assez facilement aux jumelles, faisant la « banane » sur les bancs de sable à marée basse.

En hiver, au coucher du soleil, les vols de bernaches remplissent l’atmosphère du Grouin du Sud de leurs cris. Ces oies quittent les herbus pour gagner les parages de l’îlot de Tombelaine. Elles passent au-dessus de la pointe dans un des grands spectacles de la baie.

Bécasseaux variables et maubèches, huitriers-pies, barges à queue noire, barges rousses, pluviers argentés, grands gravelots, courlis cendrés, bécasseaux sanderling…font parti du tableau de limicoles hivernants dans les grèves et l’estuaire de la baie pour y hiverner.

La flore

Au-delà des rivières, en direction du Mont, les herbus gagnent du terrain sur les grèves. C’est le royaume de la puccinellie, cette graminée dont raffolent les moutons de prés-salés.

Le vent salé, les embruns, le piétinement, la pauvreté du sol favorisent les plantes aimant le sel (halophiles). La pointe du Grouin est colonisée par une végétation très variée et très riche, dont la Criste marine, l'Inule perce-pierre, la Spergulaire marine, la Petite Centaurée Marine et l'Armérie.

La pointe du Grouin fait partie des sites d’intervention du Conservatoire du littoral en Baie du Mont-Saint-Michel. Elle est dotée d’un plan de gestion. Il s’agit d’un document cadre, un guide, donnant les orientations d’aménagements et de gestion pour protéger ce site naturel.

Les terrains acquis par le Conservatoire du littoral sont remis en gestion au Syndicat mixte des espaces littoraux de la Manche (SyMEL) qui assure leur surveillance et leur entretien courant. Un garde du littoral est présent sur le site. Il a en charge le gardiennage, l'entretien et le suivi scientifique, ainsi que les relations avec les usagers locaux.

Sur le site de la pointe du Grouin, les enjeux et les mesures de protection principalement identifiés sont :

- de préserver le fort intérêt paysager, en restaurant et replantant des haies sur le plateau pour renforcer le maillage bocager qui contribue à favoriser la biodiversité du site. La société de chasse est d’ailleurs associée à la plantation de linéaires de haies prévus en 2013.

- de développer une agriculture extensive. Le retour à l’herbe sera donc privilégié avec la profession agricole. Les espèces fleuries de la prairie optimisent la présence d’insectes et d’oiseaux favorable à la biodiversité.

- de canaliser, informer et sensibiliser le public. L’Ecomusée de la Baie de Vains tient un rôle essentiel. Cet ensemble de bâtiment avait été acheté par le Conservatoire du littoral en 1994. Après de gros travaux de restauration cet ensemble composé d’une longère, de deux bâtiments à usage agricole, d’une ancienne cabane de saunier et d’une boulangerie permettre aujourd’hui d’y accueillir et de sensibiliser tout public s’intéressant à la baie du Mont Saint Michel. La mise en place d’un sentier d’interprétation fait également parti des dispositifs de sensibilisation à développer.

- de renforcer la démarche d'intervention du Conservatoire du littoral. La mise en œuvre homogène des actions de gestion implique une maîtrise foncière du site.

Retrouvez le plan de gestion simplifié ici

Inscrite au Patrimoine mondial de l’humanité, la baie du Mont-Saint-Michel est, dans sa partie normande, un territoire sauvage principalement constitué par les estuaires de deux fleuves côtiers, la Sée et la Sélune. Ensuite, dunes, plages et marais arrière-littoraux font la transition avec les hautes falaises de Champeaux qui ferment la baie au nord. Dans cet environnement, la pointe du Grouin du Sud est une formidable porte d’entrée pour comprendre ce paysage qui semble immuable.

La pointe est constituée par les plus vieilles roches de la baie. Ces roches forment maintenant un cap effilé qui marque la frontière entre les estuaires de la Sée, de la Sélune et les immensités des grèves de la Grande baie. Couvert de lichens orange du genre xanthoria et profondément carié par le sel, ce cap est aussi un formidable belvédère pour observer le grand phénomène naturel de la baie, le mascaret. Expression exceptionnelle des plus fortes marées d’Europe, le mascaret déferle sur les rives des chenaux des rivières avec le flot en une vague de 20 à 70 cm de hauteur. Le phénomène n’est visible qu’en période de grandes marées dont le coefficient dépasse 90.

À chaque grande marée, entre le Grouin du Sud et la pointe de Roche Torin, c’est jusqu’à 200 millions de mètres cubes d’eau de mer et de sédiments qui entrent dans la zone estuarienne.

L’Ecomusée de la Baie du Mont-Saint-Michel, propose des animations en Baie du Mont Saint Michel.

E-mail :musee.vains@manche.fr

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Carte d'identité du site

Commune(s) : VAINS (50)

Surface protégée : 137.58 hectares

Protégé depuis : 1994

Nombre d'actes d'acquisition signés : 11

Balade Ouvert au public

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Les gestionnaires

symel

Les partenaires

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