CAPICCIOLU

Au nord-est de Bonifacio, une vaste presqu’île très allongée sépare le golfe de Santa Manza et l’archipel des Lavezzi. Son relief très accidenté alterne côtes rocheuses abruptes, vallées boisées et criques sableuses. Le relief granitique de Capicciolu fermait il y a des millions d’années la mer dont les dépôts sédimentaires ont formé les couches calcaires de Bonifacio.

Si l’abord de la presqu’île est constellé de sources, d’anciens murets et de bergeries, en avançant vers Punta di Cappiciolu le milieu se fait plus sauvage, moins humanisé. Aucun sentier ne permet d’accéder jusqu’à l’extrémité de la pointe. Le périmètre d’intervention du Conservatoire du littoral s’étend, à partir de Punta di a Nava, sur la moitié la plus sauvage de la presqu’île.

De la tour on embrasse une vue extraordinaire sur la Sardaigne et les îles Lavezzi.

Sur un substrat granitique, la presqu’île, dans sa majeure partie, est couverte d’un maquis qui se densifie à l’approche de la pointe. On y rencontre le cortège floristique habituel des régions chaudes du sud de la Corse : bruyère arborescente, lentisque, myrte, salsepareille, cistes.

Dans tout l’extrême sud de la Corse (communes de Porto Vecchio, Bonifacio, Figari, Pianottoli-Caldarello, Monaccia d’Aullène), les protections terrestres du Conservatoire (4000 ha) sont complémentaires de la préservation assurée en mer et sur les îlots par la Réserve naturelle des Bouches de Bonifacio (80 000 ha). Ce vaste ensemble préservé s’inscrit dans le cadre transfrontalier du GECT-Parc Marin International dont fait aussi partie le Parc national de l’Archipel de la Maddalena en Sardaigne.

C’est l’Office de l’Environnement de la Corse (par délégation de la Collectivité de Corse) qui gère le domaine du Conservatoire du littoral, conjointement avec la réserve naturelle, assurant ainsi une gestion intégrée terre-mer.

Petit massif couvert de maquis, la presqu’île de Cappiciolu fut surtout le domaine des troupeaux de chèvres. La plupart des traces humaines racontent les méthodes pastorales qui furent celles des bergers corses jusqu’au milieu du XXe siècle. Toutefois, la position géographique de la pointe, très avancée dans la mer, en fait un lieu d’observation et de surveillance privilégié pour le golfe et pour les Bouches de Bonifacio. 

Ainsi, parmi les bergeries et baracun, des vestiges défensifs évoquent les épisodes troublés de l’histoire corse. Sur la pointe, la tour de Santa Manza n’est plus que l’ombre de ce qu’elle fut : il n’en reste que la moitié inférieure. Edifiée au XVIe siècle face aux îles Lavezzi, elle surveillait l’entrée est des Bouches de Bonifacio. Sur la côte nord de la presqu’île, une casemate comportant deux créneaux pour canons de 75 mm est l’un des vestiges de la « petite ligne Maginot ». Deux autres casemates, installée sur la rive opposée, de part et d’autre de Capu Biancu, complétaient le dispositif de défense du golfe de Santa Manza. Bâties entre 1932 et 1933, ces fortifications étaient gardées par le 28e régiment de tirailleurs tunisiens mais n’ont pas servi, compte tenu du déroulement des opérations lors de la « drôle de guerre ».

L’accès se fait par la petite route qui, à partir du port de Gurgazu, mène à la plage de Punta di a Nava.

Réglementation sur les terrains du Conservatoire du littoral : le camping, le bivouac, les feux, les dépôts de déchets et la circulation des véhicules à moteur sont interdits. 

Carte d'identité du site

Commune(s) : BONIFACIO (2A)

Surface protégée : 37.78 hectares

Protégé depuis : 2003

Nombre d'actes d'acquisition signés : 3

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