EMBOUCHURE DU STABIACCIU

Au fond du golfe de Porto Vecchio, l’embouchure du Stabiacciu est une grande et étonnante bouffée d’air et de nature aux portes de la ville. Malgré les aménagements voisins du port, cet espace sans cesse en mouvement, où se rencontrent le fleuve et la mer, offre une extraordinaire diversité de milieux et donc d’espèces végétales et animales : le contraste est saisissant avec le milieu urbain tout proche. Les salines abandonnées apportent une note géométrique dans l’agencement spontané de ce large espace où domine l’eau, sous toutes ses formes : la mer, les zones régulièrement inondées, les marais, les anciennes salines, le fleuve… Les couchers de soleil y sont somptueux, se reflétant sur les grandes étendues d’eau calme, alors que se découpent en ombres chinoises les silhouettes des oiseaux qui viennent s’y nourrir, sur  le fond des montagnes éclairées en contre-jour.

Habitats et Flore

Au sein d’une intéressante diversité de milieux, certains, tels les  bancs de sable à faible couverture marine, sont très rares en Corse. Prés salés et sansouires sont relativement étendus sur le site. Côté eau douce, les marais sont bordés de phragmitaies et le long du fleuve, la ripisylve mêle aulnes glutineux et peupliers noirs.

Le Stabiacciu est un beau réservoir pour deux plantes menacées qui se plaisent dans cette mosaïque extraordinaire : le silène velouté et la thapsie de Rouy.

Faune

L’embouchure du Stabiacciu est une interface eau de mer / eau douce très productive pour la faune marine : c’est une nursery pour de nombreuses espèces. Le petit Aphanius de Corse est notamment présent dans les eaux de l’estuaire.

Côté mer, il n’est pas rare d’apercevoir quelques grands dauphins sauter dans les vagues. Côté terre, la tortue d’Hermann trouve encore ici, aux portes de la ville, un habitat préservé. Entre les deux, c’est le domaine des oiseaux, flamands roses,,petits limicoles, hérons, aigrettes et échasses qui se nourrissent notamment d’amphibiens : grenouille de Berger, discoglosse sarde, crapaud vert des Baléares.

La diversité des milieux permet à de nombreux oiseaux de se reproduire dans l’estuaire : le pipit rousseline, l’engoulevent d’Europe, la linotte mélodieuse, le cisticole des joncs…

Le site de Stabiacciu a connu des aménagements qui en ont modifié la physionomie sans trop l’endommager. La problématique principale est celle de la pollution de l’eau : l’embouchure est le réceptacle des eaux polluées des zones amont, qui pourraient à terme, dégrader le milieu et entraîner la disparition de certaines espèces : la station d’épuration de Capu di Padolu a déjà provoqué plusieurs pollutions du site. La poursuite des activités de pêche dans le delta et la zone marine proche dépend également du maintien d’une bonne qualité des eaux.

Flore et faune sont adaptées (et habituées) aux inondations fréquentes de l’embouchure lors des crues hivernales.

Une réflexion sur les usages est à mener sur ce site : multiplication des engins à moteurs, décharges sauvages, chasse entraînant un dérangement de la faune sauvage… La proximité d’une grande zone urbanisée et habitée facilite les nombreux désordres qui peuvent affecter le site.

Site Natura 2000 

ZNIEFF 

L’estuaire était autrefois la plage des Porto-Vecchiais : la pinède y procurait une ombre bienvenue. Des salines ont été aménagées dans les marais de la rive gauche de l’embouchure  à la toute fin du XVIIIe siècle. Dernières salines exploitées en Corse, produisant presque 1000 tonnes de sel par an, elles ont valu à Porto-Vecchio le surnom de « cité du sel » et sont aujourd’hui abandonnées.  Des salines plus anciennes existaient à Santa Manza (vers Bonifacio), mais avaient été détruites par les Génois qui craignaient la contrebande : l’autorité génoise s’est toujours réservé le monopole du sel, denrée nécessaire soumise à une taxe très lucrative, empêchant les insulaires d’en récolter par leurs propres moyens. Une situation qui explique la création très tardive des salines de Porto-Vecchio. Une partie du site correspond à d’anciennes boues de dragage du port.

En amont du site, plusieurs équipements récents, camping, centre équestre, déchetterie, abattoir, station d’épuration ont grignoté l’espace naturel. La création du périmètre d’intervention du Conservatoire du littoral, à la demande des élus de Porto-Vecchio, a permis de stabiliser la situation et préserver le site. Joggeurs, ornithologues, pêcheurs amateurs et photographes font désormais partie de nombreux visiteurs du site.

L’accès n’est pas règlementé au site. La proximité de la T10 et l’existence de nombreuses pistes permettent d’y accéder facilement.

Réglementation sur les terrains du Conservatoire du littoral : le camping, le bivouac, les feux, les dépôts de déchets et la circulation des véhicules à moteur sont interdits.

Carte d'identité du site

Commune(s) : PORTO-VECCHIO (2A)

Surface protégée : 4.26 hectares

Protégé depuis : 2013

Nombre d'actes d'acquisition signés : 2

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