CAPU DI MURU

Tel un harpon lancé vers le large entre les golfes d'Ajaccio et du Valinco, Capu di Muru élève son relief massif à 170 m au-dessus de la mer. Ses pentes qui dévalent vers la mer semblent un océan de maquis, maquis arborescent ou maquis arbustif selon le versant et la nature du sol : au nord sur un sol riche en humus et, au sud, sur une arène granitique plus aride. De cet océan vert émergent des rochers aux formes pittoresques et quelques constructions humaines qui rappellent que ce grand espace de nature ne fut pas toujours vierge. Une minuscule chapelle, A Madonuccia, en contrebas du phare, est même restée un lieu de pèlerinage, au bout du cap, pour les habitants de Coti-Chiavari. On n’y accède qu’au terme d’une longue marche, ou par hélicoptère, tant l’abordage est difficile sur ce rivage qui n’est qu’une succession de chaos rocheux sculptés par l’érosion.

Un sentier aménagé suit la crête et le littoral sud. Il permet de découvrir les paysages grandioses des deux golfes qui s’ouvrent de part et d’autre de Capu di Muru. Au fil du parcours, une ancienne maison en pierre restaurée, son four à pain, des murets de pierre laissent deviner ce que fut l’histoire du lieu. La terrasse de la tour génoise est un belvédère extraordinaire vers le nord, le golfe d’Ajaccio et les îles Sanguinaires.

Habitats et flore

Capu di Muru est recouvert d'un maquis méditerranéen typique à arbousiers, genévriers de Phénicie et lentisques. Le versant nord du cap, plus protégé, porte un maquis arborescent de bruyères, oléastres et chênes verts, tandis que vers la pointe et le sud, le maquis est plus bas, buissonnant : les calycotomes, cistes et myrtes y dominent. Des oliviers et des pins, dont certains, ont été plantés au XXe siècle, font aussi partie du paysage et témoignent du passé humanisé du site.

Entre les chaos rocheux, quelques pelouses à immortelles et poireaux sauvages apportent une touche originale. Cet ensemble de milieux assez homogène abrite quelques espèces rares, telles la gennarie à deux feuilles et le grand prasium.

 

Faune

Les nombreux lézards tiliguerta détalent sous les pas du promeneur. Ils n’ont pas totalement réussi à chasser le lézard de Bedriaga, plus gros et au corps aplati, présent depuis des millions d’années mais qui s’est presque partout retranché dans les montagnes sous la pression de ces nouveaux venus. Dans le maquis, les fauvettes s'égaillent et disparaissent dans les fourrés. Si le sanglier sait se cacher aux yeux du promeneur, des traces de son passage sont visibles. L’engoulevent d’Europe, qui niche au sol sous le couvert du maquis, fait entendre au crépuscule son chant si étrange qu’on croirait entendre un insecte. À l'extrême pointe du cap, les grands corbeaux tout noirs jouent dans les vents qui s'engouffrent entres les parois rocheuses. En regardant vers le pied des falaises, on est pris de vertige au spectacle des goélands qui volent au-dessus de l'eau.

 

ZNIEFF de Capu di Muru 

Le site est géré par les Gardes du littoral de la Collectivité de Corse Ils ont en charge notamment l’entretien d’un très beau sentier de découverte en boucle ; ce sentier permet d’évoluer sur le site au travers d’ambiances et de paysages variés, offrant de très beaux points de vue sur les golfes d’Ajaccio et du Valinco ainsi que sur les sommets enneigés. Le sentier relie les principaux ouvrages créés par les hommes sur le site : maison en granite, four à pain, tour génoise, charbonnières, chapelle, murs en pierre sèche…

La gestion du site est donc axée sur l’accueil du public et l’entretien du patrimoine naturel et bâti ; plus aucune activité agricole n’est présente sur le site de Capu di Muru.

Jusqu’au début du XXe siècle, le cap était la propriété d’une grande famille qui en louait les terres pour l’élevage de bovins et de caprins, et pour la culture de céréales, blé et orge. Les murets de pierre témoignent de cette époque où le paysage devait être très ouvert sur la pointe, cultivée et pâturée. Dans les années 1930, les Italiens venaient exploiter les chênes du maquis et fabriquer du charbon de bois : les vestiges de charbonnières sont encore bien visibles dans les pentes de Capu di Muru. Une grande maison en pierre de granite, à un étage, a été construite sur un petit plateau dans la seconde moitié du XIXe siècle : entourée d’une aire de battage, d’un four à pain, d’une fontaine, d’une charbonnière et de murets de pierre. On y fabriquait notamment du fromage.

La petite chapelle de Madonuccia, à l’extrémité du cap, figurait déjà en 1795 sur le Plan Terrier, vraisemblablement sous une autre forme que l’actuelle. Son origine reste incertaine.

La tour génoise emmène encore plus loin dans le passé. Inscrite à l’inventaire des Monuments Historiques, cette grosse tour ronde couronnée de mâchicoulis a été construite entre 1597 et 1598 : elle faisait alors partie d’un dispositif de six tours réalisées à la demande des populations de Tre Pieve (Ornano, Cauro et Taravo). Son emplacement lui permettait de communiquer rapidement avec les tours de Capu di Neru, de la Castagna, de Castelluccio et de la Parata. Propriété de la Collectivité de Corse,  en libre accès au public, elle présente un état restauré permettant de découvrir le lieu de vie de ses anciens gardiens, les torreggiani : la salle de garde avec sa belle cheminée et un four aménagé dans l’épaisseur du mur, un accès à la citerne d’eau de pluie située dans la partie basse de la tour, et enfin un escalier menant à la terrasse sommitale.

Un petit stationnement accueille les visiteurs au départ du sentier bien avant d’entrer dans le domaine du conservatoire.

Réglementation sur les terrains du Conservatoire du littoral : le camping, le bivouac, les feux, les dépôts de déchets et la circulation des véhicules à moteur sont interdits. 

Carte d'identité du site

Commune(s) : COTI-CHIAVARI (2A)

Surface protégée : 211.53 hectares

Protégé depuis : 1979

Nombre d'actes d'acquisition signés : 2

Balade Monument Ouvert au public

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