ILE DE LA GIRAGLIA

Au large du Cap Corse, à un 1,3 km au nord du port de Barcaggio, l’île toute en longueur de la Giraglia couvre une surface de 10 hectares et culmine à 66 mètres de hauteur. Ses pentes fortes à l’est et à l’ouest  s’achèvent en un plateau sommital courant sur toute la longueur de l’île. Composée de prasinite verte friable et d’un petit filon de serpentinite au sud, elle est un prolongement des crêtes du Cap Corse isolé de la côte il y a environ 10 000 ans. L’île est entourée de fonds rocheux qui se situent entre 3 et 5 mètres de profondeur avant de plonger  à 15-20 mètres  et rejoindre un très vaste herbier de posidonies. Les trottoirs fossiles autour de l’île témoignent des anciens niveaux marins.

Cet îlot plutôt grand pour la Corse a été habité en permanence depuis le XVIe siècle et jusqu’à une date très récente présente un intérêt extraordinaire pour les scientifiques. Si l’île est surtout connue du public pour son phare et la tour génoise, édifiés côte-à-côte sur sa pointe nord, son éloignement des côtes et son altitude en font un refuge pour de nombreuses espèces et un sanctuaire pour quelques formes endémiques, ce qui lui a valu un classement en Réserve Naturelle en 2017.

Habitats et flore

Sur l’île les sols sont plutôt meubles, en raison du substrat schisteux altérable et du climat chaud, sec et soumis au vent, ce qui explique la rareté des ligneux et l’aspect « pelé » de l’île. Ainsi, la végétation rase est principalement constituée de plantes herbacées où dominent l’Obione faux-pourpier, l’Ail faux-poireau, la Lavatère arborescente  et la Criste marine. La rare capselle couchée est aussi discrètement présente.

Les fonds marins, quasi plats et peu profonds, qui séparent la Giraglia de la Corse, sont recouverts d’herbiers de posidonie. Autour de l’île on trouve des dalles et tombants rocheux et un sec.

 

Faune

L’ancienne présence de lapins (et les restes de terriers) et l’absence de rats noirs favorise sur la Giraglia la présence de certaines espèces, notamment les puffins cendrés. Les colonies d’oiseaux ont été suivies depuis les années 1980 : le relâchement de la pression humaine a permis l’installation des cormorans huppés et l’augmentation de la population de puffins cendrés. Martinets pâles et Pigeons bisets se reproduisent régulièrement sur l’île, le faucon pèlerin occasionnellement. Goélands d’Audouin (irrégulièrement) et goélands leucophée forment de véritables colonies.

Parmi les espèces présentes sur le site, certaines témoignent des adaptations et évolutions propres aux systèmes micro-insulaires : chez les reptiles, il existe une sous-espèce du lézard tiliguerta (Podarcis tiliguerta pardii) strictement endémique à l’île. Chez les invertébrés, c’est une nouvelle espèce de fourmi parasite qui a été découverte récemment. La couleuvre verte et jaune adopte sur la Giraglia un comportement nocturne, ce qui est unique. Les deux espèces de geckos, le phyllodactyle d’Europe et la Tarente de Maurétanie (arrivée dans les années 1950 ont également des comportements particuliers qui ont permis d’approfondir la connaissance de ces espèces.

Le bord de mer et ses peuplements d’algues, lithophyllum et cystoseira, abrite  de belles densités de patelles géantes.

L’île est en cours d’affectation au Conservatoire du Littoral, ce qui devrait permettre d’envisager une réhabilitation de la tour et du phare et la destruction de certaines ruines inesthétiques. Elle est classée, avec les autres îles du Cap Corse, en Réserve Naturelle depuis 2017. Le phare est classé Monument Historique, la tour est inscrite à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques. Tout le secteur est classé au titre des sites (loi de 1930), en ZSC et ZPS au titre de Natura 2000. Depuis 2016 elle est intégrée au périmètre du Parc naturel marin du Cap Corse et de l’Agriate.

L’île, située sur la commune d’Ersa, est gérée par l’association Finochiarola-Pointe du Cap Corse, qui regroupe les communes de Rogliano, Ersa, Centuri et Morsiglia, la Collectivité de Corse et le Conservatoire des Espaces naturels.

Site Natura 2000 

Znieff de la Giraglia 

La partie marine est au cœur du Parc naturel marin du Cap Corse et de l’Agriate 

Le nom originel de la Giraglia, a Zerlaia, dérive du nom corse du jarret : u Zerru (Spicara smaris). Ce poisson était abondamment pêché dans les eaux environnantes de la Cala piscatoria della Giraglia, où les communautés d’Ersa avaient un droit de pêche exclusif.

Située à l’extrémité nord de la Corse, l’île occupe naturellement une position stratégique qui a justifié son occupation pendant des siècles, comme le révèlent des traces d’occupation humaine depuis l’Antiquité. Les traces d’édifices militaires sont bien présents, parmi lesquels les vestiges d’un bâtiment sans doute bâti sous Napoléon Ier, et, surtout, la tour génoise. Celle-ci, bien conservée, a été achevée en 1584 sous la conduite de l’architecte Domenico Pelo et se distingue de la plupart des autres tours de l’île par sa forme carrée. Depuis sa construction jusqu’au XVIIIe siècle, la garnison de la tour était constituée de quatre torregiani, tous cap-corsins ou bastiais, dont un chef et un bombardier, auxquels s’ajoutait un homme chargé du ravitaillement depuis le port le plus proche.

Son architecture a inspiré Léonce Reynaud, directeur du Service Phares et Balises, qui supervisa directement la construction du phare et dota sa base carrée d’un crénelage de type médiéval n’ayant d’autre fonction qu’ornementale. Ce phare puissant, de 1er ordre, allumé le 1er janvier 1848, fait partie de la première campagne d’éclairage des côtes de la Corse initiée en avril 1838 et qui décida de l’implantation des cinq premiers phares de Corse. Le site de la Giraglia s’était alors imposée comme étant le point le plus proche du continent. Les derniers gardiens du phare ont quitté l’île en 1992, depuis le phare est automatisé et le débarquement interdit.

Dès les années 1970, des missions naturalistes ont permis de réaliser de nombreux inventaires faunistiques et floristiques.

Le débarquement y est interdit sur l’île. Le décret de la Réserve naturelle prévoit que deux visites guidées peuvent être organisées en été. Tout prélèvement ou introduction sont interdits sur l’île comme à l’intérieur du périmètre marin qui la ceinture. 

Carte d'identité du site

Protégé depuis : 1970

Nombre d'actes d'acquisition signés : 0

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