ETANG DE L'OR

 

 

Le site de l’Etang de l’Or situé à une dizaine de kilomètres de l’agglomération de Montpellier est délimité par les communes de Mauguio -Carnon et Pérols à l’ouest et de La Grande Motte à l’est. Il présente un vaste ensemble de 4 000 ha, composé de la lagune et de ses zones humides périphériques.

 

La lagune de l’étang de l’Or est l’une des plus vastes du littoral languedocien. Elle est peu profonde et n’est reliée à la mer que par un seul grau, celui de Carnon. Le complexe lagune/les habitats naturels périphériques présentent une grande richesse faunistique et floristique. Son inscription au réseau de site Natura 2000 - Zone Spéciale de Conservation de l'étang de Mauguio n° FR9101408 et Zone de Protection Spéciale n° FR9112017 - couvrant la totalité des milieux humides soulignent cette richesse écologique. La diversité des habitats naturels s’explique par l’existence d’un gradient de conditions écologiques lié aux variations de salinité des eaux et du sol et d’alternance d’inondation-exondation.

 

La lagune et sa périphérie présentent des activités socioéconomiques et culturelles variées -  maraîchage, arboriculture, grandes cultures, élevage de taureaux et chevaux Camargue, pêche, chasse,…..- qui lui confère une identité culturelle indéniable.

 

La fonction de zone d’expansion des crues, d’épuration des eaux du bassin versant assurées par zones humides est importante, d’autant qu’elles sont souvent situées en limite d’urbanisation.

 

Le Conservatoire du littoral préserve aujourd’hui durablement plus de 600ha de zones humide sur le pourtour de l’étang.

 

Plus d’une trentaine d’habitats naturels sont présents sur le site ; les principaux d’intérêt communautaires sont la lagune côtière, les prés salés méditerranéens (Juncetalia maritimi) et à salicorne annuelle, les fourrés halophiles méditerranéens et thermo-atlantiques (Sarcocornetea fruticosi) autrement appelé enganes et les prairies humides méditerranéennes à grandes herbes.

 

La roselière d'eau saumâtre se développe dans les zones peu salées fréquemment submergées et les enganes dans les zones à submersion périodique où la salinité est maximale.

 

La flore

Sur le site, plusieurs espèces présentent une protection de niveau national -  Nivéole d’été (Leucojum aestivum subsp.aestivum), Linaire grecque (Kickxia commutata) – ou de protection régionale - Cresse de Crête (Cressa cretica), Héliotrope couché (Heliotropium supinum).

Les prés humides accueillent la Luzerne ciliée (Médicago ciliaris), espèce particulièrement remarquable puisque connue en France uniquement dans l'Hérault.

 

La faune

L’étang et ses marais ont un rôle majeur dans le maintien de certaines populations d’oiseaux : plus de 60 espèces d'oiseaux ont été recensées sur ce site dont 40 espèces nicheuses (Canards colvert, Foulques macroules, ...).

Le site abrite par ailleurs la plus grande colonie de laro-limicoles régionale (faille des laridés et des limicoles) et constitue l’unique site de nidification de la sterne Hansel en France. Il est un des rares lieux de reproduction du Goéland railleur et de la Glaréole à collier.

Dans les roselières sont fréquentées par les hérons (Blongios nain, Bihoreau gris, héron cendré, héron pourpré, …) et passereaux paludicoles (Panure à moustaches, lucsciniole à moustaches, Rousserole turdoïde, Rémiz penduline,…).

Les marais de l’étang de l’Or et les cours d’eau environnants revêtent également une importance majeure pour la Cistude d’Europe puisqu’ils hébergent la plus importante population du département de le Hérault.

 

Les grands enjeux de la gestion sur le site restent le maintien de la biodiversité, particulièrement remarquable, et des équilibres écologiques ainsi que la mise en valeur des paysages de Petite Camargue.

Les moyens mis en œuvre s’articulent autour de la gestion hydraulique et l’adaptation des usages du site.

La gestion hydraulique de ces espaces historiquement aménagés par l’homme, réside à se rapprocher des conditions naturelles de fonctionnement des zones humides méditerranéennes. Ainsi, en hiver, la restauration des champ d’expansion de crue et les submersions en eau douce garantissent la diversification des cortèges d’espèces dans un milieu où le sel domine en été, lors d’assecs plus ou moins prolongés. Les entrées d’eau saumâtres depuis l’étang sont limitées autant que possible pour préserver les roselières périphériques et les prairies humides.

Pour ce qui concerne les usages, le maintien ou la mise en place d’un pâturage extensif sur le site permet de conserver le caractère ouvert des prairies et prés salés et de garantir ainsi des conditions optimales pour l’expression de la biodiversité.

La préservation de la biodiversité passe aussi par la canalisation de la fréquentation : l’accès au site n’est possible que depuis les digues et chemins. Selon leur sensibilité, certains secteurs peuvent être interdit d’accès au printemps pour favoriser la nidification de l’avifaune.

Différents chantiers sont menés tous les ans pour mettre en valeur le site ou conserver des espèces menacées : restauration de vannes martellières, reprises de digues ou cayrels, création d’îlots de reproduction pour l’avifaune…

Les principales missions des gardes du littoral consistent à la surveillance régulière, le lien avec les acteurs locaux, le suivi et la gestion des niveaux d’eau pour la faune et la flore et l’entretien courant du site et de ses ouvrages.

 

 

Faisant partie des greniers à blé qui alimentaient Rome, la région de l’Etang de l’Or et notamment les basses terres de Lansargues et Candillagues ont fait l’objet, il y a 2000 ans, des premiers travaux d’assainissement. Ces terrains seront ensuite abandonnés à partir du Vème siècle. La remise en valeur de ces parcelles attendra l’arrivée des religieux, au Xème siècle.

La structure foncière a été modifiée par un édit de Louis XV en permettant à tout paysan de devenir propriétaire des terres qu’il cultivait.

Les vignobles supplanteront les cultures de blé et de Garance, sous Louis Philippe.

Au lendemain de la Révolution, le marais, autrefois propriété du comte de Mauguio, est partagé entre les communes de Mauguio, Candillargues et Mudaison

Entre le XIVème et le XIXème siècle, dans le cadre des travaux d’assainissement du littoral pour accroitre de la productivité économique des basses terres et améliorer les conditions d’hygiène et de salubrité (lutte contre le paludisme, la prolifération des ulves…etc.), une digue de retranchement fut construite isolant les rives nord de l’Etang de l’Or.

Les transformations majeures de site ont eu lieu au XXème siècle, sous l’effet des travaux d’aménagement du Syndicat Intercommunal d’Assainissement des Terres de l’Etang de l’Or (SIATEO), et l’implantation dela Compagnie Nationale d’Aménagement du Bas-Rhône Languedoc (CNABRL). L’objectif était de valoriser les marais pour la culture maraîchère et fruitière et de permettre le développement des usages touristiques sur le littoral. Le SIATEO était en charge de l’assainissement des zones périphériques de l’Etang de l’Or, préalablement à l’arrivée de l’eau du Bas-Rhône. Parmi ces aménagements, il est possible de citer le recalibrage de nombreux ruisseaux pour ne plus inonder les zones marécageuses (La Jasse, Le Salaison, Le Bérange, La Cadoule…), la réalisation de barrages anti-sel et de buses à clapets anti-retour sur les cours d’eau, pour stopper la remontée d’eau salée à partir de l’étang tout en permettant l’évacuation des eaux de drainage vers l’étang, l’amenée des eaux du Vidourle dans l’étang à la limite des communes de Lansargues et de Marsillargues, avec l’installation de systèmes de pompage des eaux vers le Canal de Lunel, le curage de la canalette du Languedoc, l’ouverture de deux passes de30 m sur le Canal du Rhône à Sète, et l’élargissement du grau de Carnon.

La salinisation induite par ces interventions, associée à la pollution liée à l’accroissement de la population et à l’intensification de l’agriculture sur le bassin versant a perturbé en profondeur la distribution des milieux doux et salés dans l’étang. Ceci s’est traduit par une régression des roselières des milieux doux périphériques, et un recul des herbiers à Chara (avant les années 1960) puis à Potamot au profit des Ulves.

En 1958, les marais périphériques étaient encore occupés par des roselières de taille conséquentes.

Au début des années 60, à l’occasion de l’arrivée l’eau du Bas-Rhône de grands travaux d’assèchement et d’assainissement ont été engagés. Les terrains ainsi poldérisés sont exploités en agriculture intensive. La proximité de la nappe salée multiplie cependant les mauvais rendements jusqu’à ce que la sur-salure des terres interdise les grandes cultures et le maraichage dans les zones basses.

En 1985, des travaux conséquents sont conduits pour amener l’eau douce du Vidourle à l’étang de l’Or depuis le barrage des Terre de Port jusqu’aux Rajols via le canal de Lunel et la canalette du Languedoc.

En terme d’usage, les marais ont été traditionnellement utilisés pour la pêche et la chasse, les roseaux étaient récoltés et servaient à l’alimentation du bétail.

L’implantation de manades de taureaux n’est apparue que tardivement dans les années 1950-60.Malgré la proximité des zones urbaines, le site a échappé aux aménagements lourds du littoral voisin es années 60/70 (urbanisation bordée de voies de communication) et sa protection a été définitivement consacrée lors de son acquisition par le Conservatoire du littoral. Il est donc resté à l'abri d'une fréquentation touristique massive et a conservé une unité paysagère indéniable à caractère naturel dominant.

Après une période de conflit d’usages liés à la gestion hydraulique, l’intervention du Conservatoire a permis de réaffirmer l’objectif à long terme sur le secteur : la réalisation d’un plan de gestion fédérateur pour la conservation du site et la désignation d’un gestionnaire opérationnel, Pays de l’Or Agglomération, a permis de retrouver un partage harmonieux entre usagers de l’espace au bénéfice du maintien de la biodiversité.

Renseignements :

Pays de l’Or Agglomérationhttp://www.paysdelor.fr/Accueil/

Carte d'identité du site

Commune(s) : CANDILLARGUES (34) , LANSARGUES (34) , LE GRAU-DU-ROI (30) , MARSILLARGUES (34) , MAUGUIO (34)

Surface protégée : 788.33 hectares

Protégé depuis : 1992

Nombre d'actes d'acquisition signés : 58

Balade Ouvert au public

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