GRADELLE - CASPIU

Au sud de Girolata, dans le golfe de Porto, la route de corniche traverse des paysages quasi montagnards où les ruisseaux creusent des vallées enfoncées qui dévalent vers la mer. Les petites plages encaissées y sont des culs-de-sac, petits écrins bordés de falaises sublimes. Les cours d’eau qui traversent le site peuvent devenir furieux lors des épisodes de pluie hivernaux.

Les propriétés morcelées du conservatoire, regroupées en un large périmètre d’intervention, s’étire le long du littoral entre la Punta di Latone à l’ouest et la Punta Rossa à l’est, incluant les deux petites plages de Gradelle et Caspiu : dans le golfe de Porto, les plages sont rares. Ici, il faut traverser un maquis dense avant de toucher la mer.

Les paysages au relief accentué sont restés très sauvages en dehors de quelques petits hameaux, sortes de bouts du monde, aujourd’hui avalés par le maquis et la forêt. Ça et là d’extraordinaires fenêtres s’ouvrent dans cette végétation dense, offrant des vues inoubliables sur le majestueux golfe de Porto.

Habitats et Flore

La toponymie de la Punta di Latone évoque une plante caractéristique de ce milieu relativement aride : l’euphorbe arborescente. De ses tiges coupées coule un latex blanc comme le lait. C’est une plante de falaise caractéristique des climats chauds. A l’approche de l’été, elle perd ses feuilles et ses grandes tiges ramifiées prenne une teinte rouge très caractéristique.

Le maquis, alimenté en eau par les nombreux ruisseaux qui sillonnent le site, est dense et luxuriant. A l’arrière de la plage de Caspiu, le gattilier, ou poivre des moines, ouvre ses inflorescences violettes en été, nourriture appréciée pour les butineurs alors que les floraisons de printemps sont déjà terminées.

 

Faune

Cinq espèces de fauvettes se partagent les habitats du maquis : la fauvette sarde dans les cistes de Montpellier aux fleurs blanches, la fauvette pitchou dans les buissons de bruyères, arbousiers ou genévriers, la fauvette mélanocéphale dans le maquis arbustif de lentisques et oléastres, la fauvette passerinette dans la chênaie verte et enfin la fauvette à tête noire plus en altitude, là où commence la forêt. Dans un tout autre registre, des vaches corses mi-sauvages mi-domestiquées parcourent le maquis et aiment venir s’allonger sur la plage de Gradelle.

La gestion du site est assurée par les gardes du littoral de la Collectivité de Corse.

Malgré son apparence sauvage, le site recèle les traces d’activités humaines exploitant les ressources locales. Au milieu du XIXe siècle, des ingénieurs découvrirent un gisement d’anthracite au-dessus de la plage de Gradelle : une variété d’anthracite dite « à petite flamme » qui intéressa alors les industriels. Une concession minière fonctionna plutôt mal que bien, entre 1889 et le début du XXème siècle, date de son abandon : la station d’embarquement du minerai à peine réalisée fut emportée par une tempête en 1907 et ne sera jamais reconstruite. Malgré la qualité du gisement, les propriétaires se succédèrent, faisant régulièrement faillite. Ne reste de la mine que quelques courtes galeries, des ruines d’anciens bâtiments d’exploitation, comme l’ancienne maison dite de l’ingénieur qui trône sur la plage de Gradelle, et la trace de l’ancienne voie ferrée.

D’autres ruines racontent d’autres usages, notamment agro-pastoraux, du site. Les anciennes bergeries évoquent ces temps où les pentes étaient semées ou servaient de pâturages d’hiver pour les troupeaux des villages des montagnes du Niolu. Jusqu’au début du XXe siècle, la population locale et les Italiens venaient également exploiter les forêts de chênes verts et le maquis pour fabriquer du charbon de bois : des traces d’anciennes charbonnières sont encore bien visibles dans la forêt.

Un joli petit sentier littoral relie les plages de Caspiu et de Gradelle. Chacune dispose d’un petit stationnement. Il faut compter deux heures de marche pour relier les deux plages. Un autre sentier s’éloigne de la plage de Caspiu vers le sud. Ces sentiers permettent de découvrir de belles vues sur la mer et les traces des anciennes activités agricoles : aires de battage du blé, ancien jardin, ruine de maisonnettes.

Réglementation sur les terrains du Conservatoire du littoral : le camping, le bivouac, les feux, les dépôts de déchets et la circulation des véhicules à moteur sont interdits. 

Carte d'identité du site

Commune(s) : OSANI (2A) , PARTINELLO (2A)

Surface protégée : 229.11 hectares

Protégé depuis : 1981

Nombre d'actes d'acquisition signés : 24

Balade Ouvert au public

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