RIVES DU VINCIN

Au sud de Vannes, tout autour de la ria du Vincin, s étend une mosaïque de milieux insoupçonnés. Jardin secret des Vannetais, cette zone de déprise agricole retrouve depuis une trentaine d années, peu à peu, ses racines naturelles. Le long des rivières du Pargo et de Goaslérès, une atmosphère intime imprègne les chemins encaissés qui mènent à la vasière. Hérons cendrés et bergeronnettes des ruisseaux s y nourrissent en toute tranquillité.

 C'est marée haute, les herbiers blonds, baignés d eau salée, ondulent sous le vent du petit matin. Dans quelques heures, le paysage sera métamorphosé avec le retrait de la mer et la slikke, luisante de vase, brillera au soleil. Autour de cette immense étendue, pousse la lande atlantique aux senteurs de miel. Des taillis à prunelliers annoncent la forêt proche et une pinède, perchée sur les hauteurs, domine la végétation.

Entre ombre et lumière, deux petits prés salés, reliques emprisonnées derrière le sentier côtier, profitent encore par grands coefficients des bienfaits de la mer.

De nombreuses sources s écoulent de micro-vallées dessinées par des rus éphémères.L'agriculture, toujours présente sur le site, déploie ses prairies. En surplomb de la rive ouest du Vincin, du côté de Bernus, règnent les grandes pâtures sèches. Vers le sud-est, de Kercado à Conleau, les parcelles se font plus petites et humides.

Dans cet espace naturel péri-urbain de grande qualité, le passage d'un milieu à l autre est soudain. Des zones découvertes alternent avec des endroits abrités. Un marais humide et saumâtre relie les eaux maritimes aux eaux douces et la terre, à mesure que l'on s'élève, s'assèche.

Situé en plein cœur de l’entité écologique du Golfe du Morbihan et à la lisière de l ancienne cité Vénète, ce site témoigne d’une réelle et exemplaire harmonie entre nature et culture.

L’homme y chemine par des sentiers tortueux et vient s’ y ressourcer.

La flore 

 Entre milieux naturels et friches agricoles, la végétation du Vincin et de ses rives offre une belle diversité. Arbres et arbustes y croissent en grand nombre.

 Aux franges des marais, les troncs des saules rampants s'insinuent sous terre et des populations spontanées de frênes déploient leurs hautes frondaisons. Dans les lieux moins humides, les chênes pédonculés s étalent jusqu à toucher les ramures des châtaigniers. Épines blanches et noires forment par endroits des fourrés si impénétrables, que seuls les passereaux s'y aventurent. Plus à l'ombre, les chèvrefeuilles s enlacent aux houx tandis que polypodes et scolopendres bordent les talus. Des graminées sauvages foisonnent dans les espaces plus ouverts et leurs noms évocateurs promettent déjà bien des ressources : fromental, houlque laineuse, flouve odorante. Sur les terres acides, ajoncs de Le Gall et bruyères ciliées déclinent leurs nuances jaunes et mauves de landes bretonnes. Des plantes liées aux activités humaines, tel l orchis à feuilles lâches, apparaissent dans de petites clairières humides restées ouvertes grâce aux fauches régulières. Issue des jardins, la renouée des oiseaux, encore utilisée de nos jours pour ses propriétés médicinales, pousse au bord des chemins.

 La faune

 Les grandes étendues humides du Vincin abritent une avifaune d une grande diversité. Migrateurs ou sédentaires trouvent ici gîte et couvert. Avec près de 110 espèces recensées, ce site présente un grand intérêt ornithologique. Les bécassines des marais aiment y vivre cachées. D'autres limicoles, courlis ou chevaliers, fouillent assidûment la vase de leurs longs becs courbés ou pointus.

Les sarcelles d hiver, canards les plus petits d Europe, s'y rassemblent en bandes impressionnantes. Leur vol groupé, rapide et changeant, présente par moments de somptueux reflets argentés. En quête de graminées et de plantes aquatiques, elles se partagent l espace avec d autres membres de la grande famille des anatidés : chipeau à miroir blanc, siffleur au timbre aigu, souchet à large spatule...

Un peu à l'écart, sur un emplacement qui lui est familier, l'aigrette garzette, en échassier distingué, fait sa toilette et lisse ses plumes. Prairies, landes, taillis et forêts alentour abritent également une faune remarquable. La nuit tombée, dissimulé dans les fourrés, ronronne un oiseau aux grands yeux et à la bouche démesurée : l'engoulevent d Europe, au camouflage de feuille morte, est à l'affût des insectes.

Situé à proximité immédiate d'une grande ville, le site des Rives du Vincin est particulièrement sensible à la pression humaine. Si l'on n y prenait garde, d’ici quelques années, ce paysage arrivé à un stade de diversification remarquable, pourrait bien s’ artificialiser et prendre l’aspect d’un parc d'agrément. Dans un autre scénario, sous l’impulsion de la dynamique végétale, il risque de se refermer avec l avancée de la forêt.

Le Conservatoire du littoral et la ville de Vannes, soucieux de préserver les équilibres, agissent depuis 1995 en conciliant fréquentation et protection. Les haies littorales entretenues assurent la tranquillité de l avifaune aquatique. Des chemins permettent de canaliser les mouvements et évitent le piétinement des habitats naturels. Pour limiter la progression de la pinède, restaurer la lande et garder le milieu ouvert, des chantiers de coupe et de fauche sont réalisés.

Afin de renouer avec l’esprit des lieux, de relier le passé au présent, un projet de gestion par pâturage pourrait permettre de mieux entretenir les espaces et de créer une activité agricole viable, articulée autour d’une transformation locale et d’ un accueil pédagogique de qualité.

Pour que la nature subsiste aux portes de Vannes, respectons-la.

Comme en témoigne la présence du manoir de Kercado, de sa métairie et de sa fontaine oubliée, la pratique agricole façonne depuis longtemps le paysage des rives du Vincin.

Polyculture, cultures de plein champ, élevage et horticulture sûrent très tôt tirer parti de la complémentarité des sols. Avec une cinquantaine de parcelles ceintes de talus au plus fort de son activité, ce site au maillage étroit fut propice à l'avènement d une agriculture extensive. La lande y sera longtemps fauchée pour servir d’alimentation et de litière au bétail.

Le territoire actuel, enclavé entre la ville et les eaux du golfe, a connu jusque dans les années 1970 une activité agricole soutenue. Un moulin à marée, situé à l’embouchure de la rivière, faisait jadis tourner sa roue à aube pour moudre les grains.

Pendant un temps, l’urbanisation galopante de cette partie du littoral a fait craindre la disparition de cette fenêtre naturelle ouverte sur le golfe. Grâce à des mesures appropriées, cet espace a été préservé. De nos jours, il est devenu un lieu de promenade et de détente très prisé par la population. La multiplicité de ses unités naturelles en fait actuellement un terrain de découverte de premier plan.

Il existe sur ce site des possibilités d'hébergement. 

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Pour plus d’ informations :

Mairie de Vannes

Service Environnement

Rue Joseph Le Brix - BP 509

56000 Vannes

02 97 01 64 04

Carte d'identité du site

Commune(s) : VANNES (56)

Surface protégée : 43.08 hectares

Protégé depuis : 1995

Nombre d'actes d'acquisition signés : 19

Balade Ouvert au public

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