CAPIZZOLU

Au nord du golfe de Sagone, le site de Cappizolu s’étend, entre la route et la mer, sur la pointe des Moines, Punta Monaghi en Corse, bordée par la petite plage de Capizzolu au nord et la plage de Stagnoli au sud. C’est l’une des petites pointes qui entourent Cargèse. Son relief peu élevé est couvert d’un maquis qui devient bas et brossé en bord de mer, notamment sur la côte sud de la pointe, plus découpée que la côte nord. L’impression d’espace sauvage est très présente, malgré une construction résidentielle à proximité de la plage de Capizzolu. Les vues portent loin vers le sud en une succession de plans successifs, Triu, Monte San Agnelu et, en toile de fond, l’imposante silhouette de Capu di Fenu.

Les secteurs qui ont fait l’objet des opérations de démolition et de reconquête écologique du site, ont été recolonisés par une végétation arbustive. Le reste du site est progressivement envahi de végétation dense et luxuriante a l’exception du bord de mer occupé par un maquis bas de myrtes et lentisques entrecoupé de quelques pelouses littorales où fleurissent, au printemps, les buissons d’immortelle.

La reconquête écologique de Capizzolu est sans doute une des opérations les plus spectaculaires menée par le Conservatoire du littoral en Corse. Le site est aujourd’hui géré par les gardes du littoral de la Collectivité de Corse.

Porto Monaghi (le port des moines) était le port de la pieve de Paomia, territoire qui correspond aujourd’hui à la commune de Cargèse. Lors de la répression qui suit la révolte des Seigneurs de Leca, le Génois Antonio Spinola dévaste et vide le territoire de ses habitants, au tout début du XVIe siècle. À cela s’ajoute la menace des raids barbaresques, après le sac de Sartène en 1583, qui dissuade les populations de regagner les zones près du rivage. Pour protéger les villages, on bâtit une série de tours censées repérer les galères ottomanes. Restée inculte et déserte pendant plus d’un siècle, la pieve de Paomia est donnée par les autorités génoises à plusieurs familles grecques qui avaient fui les invasions turques dans le Péloponnèse. En 1676, 800 Grecs débarquent ainsi à Porto Monaghi : ils forment une véritable colonie qui va faire de Paomia « l’un des jardins de la Corse », cultivé et prospère.

En 1729, au début de la révolte des Corses contre Gênes, les Grecs restés fidèles à leurs bienfaiteurs génois sont attaqués par les populations des pieve voisines qui viennent revendiquer leurs anciennes propriétés. Destructions et saccages contraignent les grecs à se réfugier pour un temps à Ajaccio. Dans les années 1770 : on autorise alors les familles grecques à fonder un village à l’emplacement de l’actuelle Cargèse, encore vierge d’habitations. Un monument dédié aux Grecs de Cargèse existe aujourd’hui au bord de la plage de Capizzolu.

Au XXe siècle, Porto Monaghi fut l’objet d’un grand programme immobilier : un vaste complexe touristique prévu sur 38 hectares commence à y être y bâti entre 1973 et 1976. À cette date, un plastiquage met fin à la construction, qui ne sera jamais achevée. Vingt ans plus tard, le Conservatoire rachète le terrain et procède à la démolition de l’ensemble des bâtiments en 1997, et seul une villa privée reste enclavée au milieu du domaine du Conservatoire et plus aucune autre trace du chantier et des bâtiments ne subsiste désormais sur le site.

Le site est enserré entre les plages de Stagnoli, au sud et de Capizzolu, au nord, dont il est l’arrière-plan paysager.  

Réglementation sur les terrains du Conservatoire du littoral : le camping, le bivouac, les feux, les dépôts de déchets et la circulation des véhicules à moteur sont interdits. 

Carte d'identité du site

Commune(s) : CARGESE (2A)

Surface protégée : 33.42 hectares

Protégé depuis : 1997

Nombre d'actes d'acquisition signés : 1

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