PINARELLU

Au sud de la plaine orientale, le littoral s’anime et se découpe, sa ligne se perd au profit d’un dessin tourmenté. Premier d’une longue série, le golfe de Pinarellu s’enfonce largement dans les terres, comme un prélude au grand golfe de Porto Vecchio, tout proche au sud. Fermé au sud par Capu di Fora et l’île de Pinarellu, il abrite une grande plage (anciennement dénommée plage de Sorani) bordée d’une pinède littorale. Le relief doux couvert de maquis d’où émergent des boules de granite, la rondeur de l’anse, la couleur claire de la roche, un granodiorite à amphibole facilement altérable, la silhouette des grands pins créent une harmonie typiquement méditerranéenne. La carte postale n’est pourtant que le premier plan : en arrière de la plage se cache la vraie richesse du site : un ensemble de zones humides à fort intérêt écologique, et notamment deux étangs, Padulatu et Padulu Tortu. Au nord du golfe, le développement touristique a transformé l’ancien port de pêche et les collines se sont couvertes de constructions. 

Habitats et Flore

La dune en arrière de la plage est couverte d’une des plus belle pinède littorale de pins maritimes couvrant une surface d’environ 10 hectares.

La richesse floristique est liée à la diversité des milieux présents sur le site : les lagunes et marais, à l’eau douce ou saumâtre et où fleurit l’iris Sisyrhinque, sont bordés de prés salés et zones à salicornes. Les dunes offrent de belles étendues de genévriers de Phénicie et genévriers à gros fruits ainsi qu’une grande diversité de petites plantes que l’estivant, souvent, ne remarque pas : fléole des sables, renouée maritime, fausse-girouille des sables… Une forêt de chênes lièges complète le tableau.

Faune

Les marais et lagunes attirent de nombreux oiseaux qui viennent s’y nourrir, parmi lesquels la gracieuse échasse blanche, qui se reproduit ponctuellement à Pinarellu.

Reptiles et amphibiens sont nombreux sur le site : plusieurs centaines de cistudes d’Europe trouvent domicile dans les marais d’eau douce tandis que la tortue d’Hermann profite de la pinède. On y observe également l’étonnant crapaud vert des Baléares, tacheté de brun-rouge et de vert. L’aphanius, petit poisson protégé, est présent dans les étangs.

La grande férule, ombellifère du maquis, est une plante nourricière de la chenille du fameux Hospiton ou « Porte-Queue de Corse », papillon endémique de l’île aux grandes ailes tachées de jaune et noir.

L’ensemble du site est très cloisonné par les routes qui isolent les zones humides les unes des autres et provoquent une mortalité dans la population de tortues. La pinède est très fortement soumise aux risques d’incendie.

Pendant plusieurs années, les posidonies ont été arrachées de la plage, pour le confort des touristes, et compactées puis déposées dans les zones humides. La création d’une zone Natura 2000 tend à mettre fin à cette pratique et l’on expérimente une gestion de ces banquettes de posidonies tendant à préserver la plage et son stock de sédiment, tout en assurant l’accueil des estivants. La présence de campings, d’un camp naturiste, des routes et le mitage par des constructions entraînent des pollutions et une surfréquentation de certains espaces, qu’il est difficile de maîtriser.

Site Natura 2000 

Sur la commune de Zonza, le hameau de Pinarellu est longtemps resté un  petit port de pêche, avant que le développement touristique de la Corse vienne en bouleverser la physionomie.  C’est aujourd’hui une station touristique fréquentée essentiellement l’été.

Le site n’a pas encore été aménagé par le Conservatoire.

Réglementation sur les terrains du Conservatoire du littoral : le camping, le bivouac, les feux, les dépôts de déchets et la circulation des véhicules à moteur sont interdits. 

Carte d'identité du site

Commune(s) : ZONZA (2A)

Surface protégée : 10.31 hectares

Protégé depuis : 2004

Nombre d'actes d'acquisition signés : 1

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